RDC-Rwanda : une troisième session du Mécanisme conjoint de sécurité prévue du 21 au 22 octobre à Washington 

Les délégations de la RDC et du Rwanda se réunissent du 21 au 22 octobre à Washington, pour une troisième session du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM) dans le cadre de l’accord de paix signé le 27 juin 2025. 

L’objectif reste de faire avancer l’accord de paix signé récemment au mois de juin.

Voici ce qu’on peut réellement attendre de ces deux jours de discussions :

1. Le mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM) a pour mission de traduire dans les faits l’accord signé en juin entre la RDC et le Rwanda. 

2. Un « ordre d’opération » (Operational Order) a été finalisé par les deux pays, définissant l’entrée en vigueur de certaines mesures à partir du 1er octobre 2025. 

3. On souhaite lancer des actions concrètes : notamment la neutralisation du groupe armé Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) en RDC et le désengagement des forces rwandaises ou la levée de certaines « mesures défensives » du Rwanda. 

4. Le rendez-vous du 21-22 octobre s’inscrit dans ce calendrier pour faire avancer le volet “sécurité”. 

Même si l’ordre d’opération est établi, les opérations sur le terrain (neutralisation des FDLR, retrait rwandais) restent complexes et ne seront pas totalement effectives immédiatement. En effet, des obstacles persistants ont déjà été relevés. 

Il existe encore des désaccords entre la RDC et le Rwanda sur des points sensibles : notamment le rôle du rebelle M23, l’estimation des effectifs des FDLR, et les modalités concrètes du retrait. 

Une réunion de deux jours ne garantit pas une résolution complète des tensions sur le terrain (dans l’est de la RDC, notamment Rutshuru, Uvira, Walikale, Masisi  et aux alentours de la ville de Goma). 

Une mise à jour claire du calendrier et du plan d’action pour les phases à venir (qui fait quoi, quand, comment).

Un renforcement de la coordination sécuritaire entre les deux pays et avec les partenaires internationaux (États-Unis, Qatar, Union africaine).

Le lancement ou la confirmation d’étapes opérationnelles précises : par exemple, démarrage d’échanges de renseignement, plan de désarmement pour certaines factions FDLR, retrait partiel ou planifié de forces rwandaises.

Une affirmation politique forte des deux parties de leur engagement à mettre l’accord en œuvre « en mots et en actes ».

Des dispositifs de suivi et de vérification (accès des organismes internationaux, transparence, etc.).

Cette réunion est importante et représente un moment clé dans le processus de paix RDC-Rwanda. Mais il ne faut pas en attendre un miracle immédiat : c’est davantage un pas dans un long processus.

Les discussions pourront clarifier, remettre en marche ou accélérer certaines volets, mais la mise en œuvre complète  sur le terrain, avec retrait, désarmement, stabilisation  prendra du temps et dépendra de la volonté des parties, de la confiance mutuelle, et de la capacité à dépasser les divergences encore présentes.

Moïse Excel à Goma

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.