La République démocratique du Congo s’apprête à prendre une décision historique : la signature d’un accord de paix avec le Rwanda, sous parrainage américain.
Pour notre nation, meurtrie depuis plus de vingt-cinq ans par les guerres à répétition, l’espoir de la paix est légitime. Mais la paix ne se construit ni dans la naïveté, ni dans l’amnésie, ni dans le renoncement à la souveraineté nationale.
En tant qu’acteur politique ayant porté les charges de l’État, et en tant que Président du Parti des Vertus Républicaines, je me dois de parler avec franchise, responsabilité et respect : cet accord comporte des avancées, mais aussi de graves insuffisances qui, en l’état, peuvent institutionnaliser l’ingérence étrangère au cœur de notre souveraineté sécuritaire et économique.
1. Les omissions inquiétantes
La première faiblesse majeure est l’absence de mention explicite de l’ AFC/M23 dans le texte, alors même que ce mouvement structuré dispose d’une force de feu certifié par les Nations Unies qui continue à faire ses preuves en occupant des provinces entières.
L’équation sécuritaire de l’Est est ainsi artificiellement réécrite pour ne conserver que les FDLR comme menace, effaçant la responsabilité documentée du Rwanda dans l’appui à l’ AFC/M23
2. Le mécanisme conjoint : une brèche dangereuse
L’instauration d’un « mécanisme conjoint de sécurité » donnant au Rwanda accès aux renseignements, aux opérations et au positionnement des FARDC constitue un précédent dangereux. Il revient à normaliser ce que tout Congolais lucide perçoit comme une intrusion stratégique dans nos affaires militaires.
3. Le piège minier qui menace notre avenir
Le cadre d’« intégration économique régionale », s’il n’est pas redéfini, risque de diluer la souveraineté congolaise sur ses minerais stratégiques : cobalt, coltan, lithium, or. Aucun pays ne se développe en partageant la gestion de ce qui constitue le cœur même de son autonomie économique.
4. Le peuple congolais doit être vigilant
Nous devons le dire avec force : la paix est un objectif noble, mais elle ne peut être achetée au prix d’un abandon partiel de notre souveraineté. La RDC doit exiger la réécriture de l’accord, l’ajout de clauses contraignantes, l’implication de la SADC et la reconnaissance explicite de l’ AFC/M23 comme Mouvement armé structuré et organisé
Notre pays est en droit de rechercher la paix. Mais cette paix doit être juste, équilibrée et respectueuse de notre dignité nationale. Le Congo n’est pas un pays mendiant. C’est une nation souveraine. Et une nation souveraine ne signe pas les yeux fermés.
Hon Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National et membre du Bureau Politique du Parti des Vertus Républicaines (PVR), Membre du Bureau Politique du FCC




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