Autopsie des dialogues politiques en RDC (1960- 2026) [Tribune de Vahamwiti Mukesyayira Jean Chrysostome]

Au vu de l’ actualité politique en RDC et de la nécessité d’ aller toujours au delà des  apparences, je me propose une réflexion qui aurait voulu être à la fois scientifique et politique , cela eclairant ceci.

Bien plus, comme acteur politique qui est passé de la société civile à la politique par la conférence nationale souveraine de 1991, je me dois aussi d’ interroger le passé en rapport avec les dialogues politiques et leurs méandres.

Pour articuler ma réflexion je me suis donné un cadre de référence qui est l’ analyse du professeur Kabuya Lumuna Sando(2017) qui fait une double typologie des dialogues selon la forme et selon les fonctions. 

Sur le plan de la forme , un dialogue peut être institutionnel ou extra institutionnel . Aussi, un diologue peut jouer trois fonctions : de rupture, de légitimation et de gestion.

Le professeur Banyaku Luape, cité par Kabuya Lumuna, dénombre 37 moments de pourparlers et dialogues de 1960 à 2017. Il y a lieu d’ y ajouter les consultations 

populaires menées par le président Felix Tshisekedi en 2020 pour créer et ou relancer l’ union sacrée de la nation qui a fait vibrer la conférence nationale souveraine au début des annees 1991.

Un dialogue institutionnel ? 

Un dialogue institutionnel est voué à résoudre une crise entre institutions de la republique . Tous les débats et échanges sont organisés au sein des organes institutionnels .

L’ organisation d’ un tel dialogue implique tout d’ abord l’ identification du problème qui fait l’ objet de la crise . 

Dans le contexte actuel de la Rdc en 2026, quelle serait la crise entre institutions qui justifierait alors  un dialogue institutionnel ? 

Aux yeux des gouvernants et des gouvernés quel problème profond necessiterait un cadre national de dialogue ? La reponse à cette question peut aller à tous sens: la gouvernance globale du pays, l’ inadéquation de la constitution de 2018 à l’ exercice réel du pouvoir, l’effritement des droits civils et politiques , le partage equitable ou inclusif du pouvoir entre sociétaires de l’ union sacrée de la nation et entre provinces, le social des congolais, l’ insalubrite de la ville province de Kinshasa, le dysfonctionnement de l’appareil judiciaire, la léthargie des institutions provinciales et de la décentralisation conçue pour tenir compte des arguments federalistes, …A chacun sa réponse. 

La conférence de Luluabourg de 1964 et les concertations nationales de 2013 peuvent être citées comme exemples de dialogues institutionnels parmi tant d’autres. 

Si la conférence de Luluaboug a accouché de la constitution de Luluabourg, qui n’ a pas fait long chemin , les concertations nationales ont par contre accouché de 100 recommandations restées toutes lettres mortes.

Pour sa part, la conference de Luluabourg a proposé un arsenal institutionnel amélioré de la loi fondamentale de 1960 sans pour autant résoudre la crise de légitimité née de la mise à l’écart de la majorité lumumbiste en septembre 1960.

Par ailleurs,  les concertations nationales de 2013 tenues au palais du peuple n’ ont résolu aucun problème institutionnel à part le débauchage de 2 ou 3 mini  opposants. 

L’opposition politique a été mise à l’ écart de ces assises, ce qui justifia par la suite le dialogue inclusif de la cité de l’ union africaine et du centre interdiocesain de la Cenco  de 2016 qui déboucha à  une issue extra constitutionnelle: le glissement de 2016 à 2018.

Et donc au stade actuel un dialogue national  institutionnel ne nécessiterait pas autant d’ alertes nationales et internationales car le président de la republique dispose du cadre des réunions interinstitutionnelles pour résoudre toute potentielle crise institutionnelle.

Un dialogue extra institutionnel ?

Ce type de dialogue reunit des officiels et des non officiels issus de differents corps intermediaires entre l’ Etat et les citoyens. Il  semble être le plus fréquent en Rdc et hante le plus le mental politique des congolais.

La table ronde de Bruxelles(1960), la conférence nationale souveraine (1991-1992), le dialogue inter congolais de Sun City(2002), et le dialogue inclusif de la cité de l’Union africaine/Centre inter diocesain (2016) sont quelques exemples à mentionner. 

Le contexte dans lequel se tiennent généralement ces dialogues extra institutionnels est celui d’ une forte crise de légitimité du pouvoir en place : fin de la colonisation pour la table ronde, rejet du parti unique et fin du mandat de Maréchal Mobutu pour la Conférence nationale souveraine, absence d’ un pouvoir legitime pour le dialogue de Sun city et fin des mandats des élus sans élections pour le dialogue inclusif de 2016.

Y a t il actuellement une crise de légitimité des institutions en Rdc pour justifier un dialogue extra institutionnel ? Même si certaines composantes politiques  le laissent entendre, il est evident qu’ une très large opinion nationale et internationale s’ accorde sur le fait qu’ aux élections de decembre 2023 le président Felix Tshisekedi a été réellement et massivement élu. 

Par contre ce même consensus ne se dégage pas autour des élections legislatives nationales, provinciales et communales quand bien même il y a certains veritables élus.

On revient donc à la même question, quel problème fondamental peut justifier actuellelent un dialogue national extra institutionnel entre congolais non armés selon l’ orientation du président de la republique ? 

Certaines tentatives de réponses peuvent ressortir : crispation politique , absence d’ un discours nationaliste partagé entre congolais face à l’ agression du pays, frustrations nées des elections de 2018 et 2023, partage équitable du pouvoir, fortes tensions intercommunautaires dans les provinces, multipartisme intégral en dérive ou mal encadré, impossibilité de préparer les elections générales de 2028 dans un contexte de guerre, …

Une fois que le problème réel qui éloigne les gouvernants congolais des citoyens sera connu ainsi que la cause d’ une fracture  trop forte dans la classe politique sera identifiée,  un dialogue national avec des objectifs précis pourrait se justifier. 

Il apparait donc que face à la menace existentielle de l’ Etat congolais, un dialogue limité aux institutions ne saurait être la thérapeutique appropriée. 

 Il faut un debat national qui va au delà de la classe politique qui a de la peine à communiquer ou à dialoguer entre elle. Une question demeure tout de même, à quel stade du debat national seront associés les congolais armés s’ il y en a qui sont identifiés ainsi ? 

Pourquoi un dialogue national maintenant ?

Un dialogue national peut aider à gérer une rupture en passant d’ un système politique à un autre. Telle a été la fonction de la conférence nationale souveraine qui a eu à dialoguer du passage du parti unique vers un regime à plusieurs partis politiques. Il en est de même du dialogue intercongolais de Sun City qui a débouché sur un nouvel ordre politique reposant sur la constitution de 2006.

Dans le contexte de ce deuxième mandat du president Felix Tshisekedi, y a t il opportunité d’ un dialogue de rupture ?

 Meme s’ il faut passer de la deuxième à la troisième republique, faut-il passer par une rupture ? Rien n’ est evident face à une société civile politisée et une opposition émiettée et ou en fuite.

Aussi,  légitimer le système politique en place peut être aussi la fonction d’ un dialogue . Il s’ agit alors de faire adhérer les gouvernés aux options et orientations des décideurs. Dans la mesure où la crise politique serait mal definie par la société congolaise , les gouvernants peuvent en profiter pour aligner des agendas politiques pouvant  consolider ou réformer le système. Tel a été le cas du  dialogue national de la cité de l’ union africaine et du centre interdiocesain de la Cenco de 2016.

Enfin, un dialogue peut aider à gérer des situations ou des problématiques particulières. Ainsi, pour renforcer la cohésion nationale un dialogue peut épiloguer sur les differents conflits intercommunautaires,  la gouvernance du pays, la decrispation politique, la cohésion nationale,… Tel est un dialogue de gestion . 

Pratique des dialogues en RDC.

La culture des dialogues comme antécédents ou  supplétifs des processus électoraux en Rdc date de 1960 par la table ronde de Bruxelles .

Quelles que soient  leur nature et leur forme, ces dialogues présentent des constantes qui méritent d’ être épinglées. Elles sont de plusieurs ordres: nature juridique , objectifs, lieu, nombre et qualité des participants, ordre du jour, modérateur ou médiateur, durée,…

Selon qu’ il est institutionnel ou extra institutionnel, un dialogue peut produire des recommandations ou des résolutions à formaliser par chacune des institutions concernées. 

Cependant,  la conference nationale s’ est proclamée souveraine ( CNS) c’ est à dire au dessus de toutes les institutions de la republique y compris le président de la republique .

 Cette résolution soutenue  par le trio société civile- Cenco- opposition radicale  portée par l’ Udps en 1991 et 1992 explique la phobie du marechal Mobutu envers la conférence nationale et son retranchement à Kawele et Ngbadolite au Nord Ubangui.

La transition politique qui a suivi la Cns a pu se mettre en route grâce à la mise en place d’ un haut conseil de la republique, parlement de transition, HCR- PT, à caractère hybride : des députés nationaux elus en 1987 et fin mandat en 1992 avec des representants des conferenciers non élus.  

Le Hcr- Pt mis en place en 1993 s’ expliquait par le fait que le mandat du maréchal Mobutu avait expiré en 1991(1984-1991) et celui des députés nationaux en 1992( 1987- 1992) . Cette situation exceptionnelle perdura jusqu’ à la chute du marechal Mobutu en 1997.

Par contre, malgré la fin du mandat du président Joseph Kabila et des députés nationaux en 2016(2011-2016), le dialogue national  inclusif de 2016 ne donna pas naissance à  un parlement hybride de transition jusqu’aux elections de 2018.

Ces deux exemples nous prouvent que la nature juridique d’ un dialogue est consensuelle entre les parties prenantes . Leur volonté prime à la fois sur tout populisme et sur tout juridisme. C’ est dans ce même esprit que les consultations populaires de 2020 ont engendré une nouvelle majorité parlementaire differente de celle issue des urnes en 2018.

Par ailleurs, la volonté populaire a rejeté la convocation d’ une conférence constitutionnelle après l’ annonce du multipartisme en 1990 par le maréchal Mobutu pour reclamer une conference nationale de même  que le peuple a violemment dit non à la revision de la loi électorale en 2015 sous le president  Joseph Kabila . 

On pourrait aussi signaler que face à la nécessité de mettre fin à la guerre des mulelistes et des simbas, Moise Tsombe fut nommé premier ministre en 1964 alors qu’ il n’ avait aucune majorité au parlement.

Si la nature juridique d’ un dialogue peut s’ avérer un prealable à sa convocation, il doit se donner en plus des objectifs clairs. 

Des quatre dialogues auxquels j’ ai personnellement participé (conférence nationale souveraine de 1991/1992, conference Amani de Goma de 2008,  concertations du palais du peuple de 2013, et le dialogue national inclusif de 2016), j’ai choisi de presenter les cinq objectifs de la conference nationale souveraine à titre illustratif : (1) reconcilier le peuple zairois, (2) definir un nouvel ordre insitutionnel, (3) definir un cadre approprié pour l’ organisation des élections libres et démocratiques, (4) exorciser les esprits des congolais: deballage, (5) faire la relecture de l’histoire du pays.

Certains analystes pressés ont souvent conclu que la conference nationale avait accouché d’ une souris tout en ignorant que ce plus grand dialogue de l’ histoire de la Rdc a effectivement exorcise les esprits des congalais.

On pourait même se demander si ces cinq objectifs de la Cns , vieux de 35 ans, ne sont pas à reconduire pour le prochain dialogue à vue .

Le lieu et le médiateur du dialogue ont toujours été parmi les enjeux majeurs pour les dialogues congolais. A ce sujet externistes et internistes s’ opposent et ou alternent .

La table ronde de Bruxelles, le dialogue intercongolais de Sun City et le dialogue national inclusif de la cité de l’union africaine ont été modérés par des personnes externes : le Ministre Belge des colonies,  Ketumile Masire, ancien president du Botwana, et le togolais Eden Kodjo, ancien secrétaire général de l’organisation de l’unité africaine .

Par contre, la conférence nationale souveraine, la conférence Amani de Goma et le dialogue national du centre interdiocesain de la Cenco ont été présidés par des congolais : Mgr Laurent Monsengwo, Abbé Apollinaire Malumalu et Abbé Nshole, tous de l’ Eglise Catholique.

La modération interne ou externe n’ a jamais empêché aux differents dialogues de se rapprocher de leurs objectifs car seul le contexte sociopolitique détermine le choix du type de modération . 

Quant au lieu de la tenue du dialogue , la même logique dichotomique  traverse l’ histoire politique de notre pays . La table ronde de Bruxelles, la conference d’ de Tananarive en 1961,  et le dialogue intercongolais de Sun City se sont tenus respectivement en Belgique, au Madagascar et en Afrique du Sud . La conférence de Tananarive avait même proposé que le Congo, le Rwanda et le Burundi soient une confédération. Ce qui aurait peut être inhibé les élans expansionnistes du Rwanda.

La quasi totalité des autres dialogues politiques congolais se sont tenus en Rdc . Encore une fois de plus ce n’ est pas le lieu où se tient le dialogue qui est le seul facteur de son succès mais plutôt la volonté commune des parties prenantes de résoudre les crises.

Quant à la durée du dialogue, elle est dictée par plusieurs determinants dont entre autres l’ ordre du jour et le nombre de participants . Elle a varié de quelques semaines à 17 mois   la conférence nationale souveraine ayant battu le record. 

Quelle que soit la durée du dialogue , il ressort que le temps réservé au debat de fonds a toujours été reduit.

La volonté délibérée des parties prenantes à prolonger les débats soit pour des raisons des perdiem soit faute de consensus,  et la difficulté de partage du pouvoir  sont  les principales causes des dialogues à longueur , pratique qui tend  malhereusement à s’ institutionnaliser : des dialogues élastiques précédés des randonnées politiques inexplicables.

D’ autres astuces comme la  validation des mandats des délégués au dialogue, la mise en place d’ un bureau, l’ adoption de l’ ordre du jour jouent aussi à la prolongation. 

En 30 jours, la table ronde de Bruxelles a planté le décor de l’ independance du Congo. La table ronde économique de Bruxelles de mai 1960 a duré 40 jours . La table ronde de leopolville de 1961 a siégé pendant 22 jours . La conférence constitutionnelle de Luluabourg de 1964 a duré 3 mois.

La célèbre conférence nationale souveraine s’ est étendue sur 17 mois alors que le dialogue intercongolais de Sun City a duré deux mois en 2002 sans compter ses préparatifs qui  ont duré deux ans partant de l’ accord de cessez le feu de Lusaka d’ octobre 1999.

S’ agissant du nombre de participants, la table ronde de Bruxelles a reuni une centaine de personnes, la table ronde economique 134 personnes, la conference de Luluabourg 143 personnes , la conférence nationale souveraine 2 850 délégués, le dialogue intercongolais de Sun City près de 366 délégués. 

Alors que le partage du pouvoir a toujours été la motivation inavouée mais réelle des acteurs politiques , les debats sur les problèmes concrets du peuple passent pour du cosmétique pour la consommation du public. 

Tout dialogue politique devrait donc éviter de  s’enliser dans des approches académiques comme les 23 commissions de la conférence nationale souveraine dont les rapports ont englouti le temps jusqu’à sa fermeture forcée le 6/12/1992.

Ainsi les pionniers de notre indépendance se sont ruer sur la table ronde politique de janvier/ fevrier 1960 au detriment de la table ronde économique. La consequence sera fatale car le premier ministre Lumumba se contetera d’ une petite malette vide confondue au portefeuille de l’ Etat .

A la clôture de la conférence nationale souverainen, la formation du parlement de transition Hcr- Pt et du gouvernement de transition ont renvoyé les conclusions ded 23 commissions aux calendes grecques.

Les concertations nationales se sont clôturées par un remaniement ministeriel en decembre 2014 et tout s’ arreta à ce niveau . Il n’ en est pas different du dialogue national de 2016 qui s’ est contenté de la mise en place d’ un nouveau gouvernement.

A ce stade, le dialogue intercongolais de Sun City peut s’ avérer une exception surprenante par la mise en place des quatre vice présidents de la republique dont chacun avait un secteur clé de la vie nationale et le suivi des recommandations de Sun City y relatives. 

Voilà pourquoi la transition de trois ans du 30 juin 2003 au 30 juin 2006 ont produit des lois importantes qui nous régissent jusqu’ ajourd hui, la République ayant fonctionné dans un etat d’ esprit de contrôle reciproque de la présidence  et ses quatre vice présidents. 

Faut il qu’ un dialogue soit à forte composante politique ou société civile ? A côté  d’ une majorité de délégués de partis politiques , les chefs coutumers ont joué le quasi rôle de la societe civile à la table ronde de Bruxelles. 

A la conférence nationale le quota des 1100 délégués de la société civile sur les 2850 a départagé les deux camps politiques radicalement opposés alors qu’ au dialogue national  inclusif de 2016, une société civile divisée en pro majorité au pouvoir et pro opposition n’ a pas pesé sur les assises que les politiciens ont fini par monopoliser en s’ enfermant au centre interdiocesain de la Cenco de Kinshasa en un nombre restreint dans l’ espoir de se partager le pouvoir.

Au finish, l’opposition a été desillusionnee car le pouvoir a su débaucher un premier ministre en son sein, le premier ministre Christian Bandibanga. Ce decor d’ une société civile politisée et dispersée persiste et s’ est même renforcé. Elle ne pèse sur aucun agenda. 

Et que dire de l’inclusivite et  de la globalité des dialogues politiques en Rdc ? L’ inclusivite réfère à la participation de toutes les composantes societales. Encore faut il les identifier et les définir. 

Ce prealable impératif a souvent été à la base de l’ enlisement des dialogues nationaux en Rdc surtout en ce qui concerne la composante société civile.

Il s’ est révélé par ailleurs que le souci d’ inclusivite tendait à inhiber la qualité des délégués aux differents dialogues. Pour plusieurs partis politiques représentés par exemple à la conférence nationale souveraine créés précipitamment dans l’ après libéralisation politique d’  Avril 1990, père, mère et deux enfants constituaient les quatre délégués.  

Que peut on attendre d’ une telle délégation arbitraire et familiale  ? Légitimité et competence devraient habiller l’ inclusivite. Dans le cas contraire, le dialogue devient un fourre tout et un parloir. 

La globalité quant à elle se réfère au traitement de l’ ensemble des questions socio economiques auxquelles font face la société. Le jeu de la majorité de conserver le pouvoir, et de l’opposition d’arracher civilement le pouvoir même sans élections ont souvent faussé la globalité pendant les dialogues par le jeu et la guerre du plus grand nombre pour chaque composante. 

Le dialogue de Sun City a résolu cette question en attribuant le même nombre de délégués à chacune des principales composantes impliquées.

Conclusion 

Le Congo independant a été enfanté par un dialogue  en 1960. Le retour au multipartisme en 1990/1992 a été encadré par un dialogue, la conference nationale souveraine.

La tentative de pacification des Kivu est passée en 2008 par un dialogue, la conference Amani. La non organisation des elections dans le délai en 2016 a été encadrée par un dialogue national inclusif qui a conduit à l’accord de la Saint Sylvestre du 31/12/2016. La serie des dialogues est longue. Aucun dialogue ne peut donc faire peur aux congolais.

Le tour d’ horizon historique des dialogues politiques en Rdc nous révèle qu’ ils ont toujours été soit des antécédents ou des  suppletifs aux processus électoraux soit des séances de légitimation des pouvoirs fin mandat ou en perte de légitimité interne.

Un dialogue peut-il être souverain ? La conférence nationale l’ a été en theorie. Le gouvernement est resté cependant son pouvoir organisateur et son financier alors que ses résolutions sont restées lettre morte faute de leur acceptation par les institutions attirées de la République. 

Dans le contexte socio politique  actuel, la Rdc peut elle organiser un dialogue natinal ? Rien ne s’ y oppose si c’ est pour renforcer un camp Congolais patriote car la guerre du Rcd de 1998 à 2003 a prouvé que la reunification du pays après une rebellion est un processus parfois lent et onéreux.  

Le dialogue de Sun City nous enseigne qu’ un accord partiel entre le gouvernement de Kinshasa de Joseph Kabila et le mouvement rebelle MLC de Jean Pierre Bemba conclu le 19/4/2002 a permis de pousser les autres composantes au dialogue à rejoindre  l’accord  en decembre 2002, huit mois plus tard. 

La nation congolaise a evidemment besoin d’ un consensus politique plus large pour fortifier le front interne et nationaliste, première arme contre l’ agression du pays.

Bien préparé et bien organisé, un dialogue politique national peut s’ avérer être une solution appropriée pour enjamber certaines situations difficiles internes comme externes. 

Il y a donc lieu d’ encourager le président de la republique, Felix Tshisekedi , dans ses dernières déclarations ouvertes à un dialogue qui, dans le contexte actuel de la Rdc ne peut qu’ être inclusive.

En pareils moments historiques, le président de la République,  en mouvement permanent pour la recherche de la paix, a certes plus besoin des encouragements de son peuple et de la classe politique que des flatteries car l’ heure est aux strategies et non au populisme sterile car le pays n’ est pas en campagne électorale.

Mais attention,  car pendant que le peuple murmure, pendant que la classe politique flatte par des déclarations théoriques, pendant que la population de Lubero, Beni et Irumu au nord Est du pays  est massacrée par les Adf dans la grande indifférence nationale , le dialogue national congolais a déjà commencé à Luanda en Angola. 

Le president angolais, Joao, consulte déjà  pour construire le format et l’ ordre du jour.

Ce dialogue n’ en sera pas un s’ il n’ inscrit pas à l’ ordre du jour la question des Adf au même titre que celle de l’Afc/ M23. Cela devrait démontrer le caractère global du prochain dialogue pour cette population  qui n’ a nullement besoin du partage du pouvoir, mais plutôt de la paix.

Vahamwiti Mukesyayira Jean Chrysostome,

President National du MSR, Tehnicien de developpement rural, économiste  et expert électoral de l’ EFEAC/CEAC.

4 réponses

  1. Très bonne analyse et une bonne base de données historiques. Une lucidité scientifique pour un domaine aussi spéciale et délicat en ce moment précis. Bravo cher président du MSR.

  2. C’est vraiment époustouflant que la geurre est récurrente en dépit des maintes initiatives diplomatiques initiées pour la stopper. Beaucoup d’accords, beaucoup de dialogues et bien d’autres assises… Est-ce qu’il est encore évident que la geurre à l’Est de la RDC à besoin d’une magie diplomatique ou alors faut-il recourir à la force et comment ?

  3. Très bel article de tribune.
    C’est la preuve de l’expérience de son auteur face à ses multiples participations aux différents dialogues nationaux de recherche des voies de sortie des crises politiques en République Démocratique du Congo.

  4. Nous attendons avec plaisir la tenue effective de ce dialogue. Nous avons beaucoup souffert à au Nord et Sud Kivu et pensons que cette fois ci les vérités seront dites et permettront la prises de décisions salutaires pour résoudre le problème de massacre par les ADF, les guerres de M23, arrestations arbutaires, les pillages , les viols de la populations longtemps sacrifiées et oubliées par les autorités congolaises et ses institutions.

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