Moussa Kalema alerte : « Non à la ratification précipitée des accords de Washington et de Doha » [Tribune]

Depuis des semaines, l’inquiétude me ronge. Depuis des mois, mon sommeil est troublé. Et depuis des années, une question ne cesse de me hanter : combien de fois notre pays devra-t-il encore saigner avant que ses enfants ne décident d’en finir avec l’humiliation ?

La République démocratique du Congo traverse l’un des moments les plus graves de son histoire récente. Alors que le peuple souffre, alors que la guerre ravage l’Est, alors que la cohésion nationale s’effrite, des accords majeurs — notamment les accords de Washington RDC–Rwanda et les accords de Doha — se négocient loin du peuple, loi des églises, loin des institutions, loin de la souveraineté nationale.

Notre silence serait une complicité. Notre passivité serait une défaite. Notre résignation serait une trahison.

C’est pourquoi je parle, avec gravité, mais avec force.

I. Le Congo a trop souffert pour être livré encore une fois aux ambitions étrangères

Notre histoire est marquée par des douleurs profondes :

colonisation, sécessions, guerres imposées, ingérences répétées, extraction sauvage de nos richesses, divisions instrumentalisées, affaiblissement programmé.

Alors que le Congo devait être un géant, un phare continental, il a été volontairement transformé en ventre mou de la région, pour mieux servir les intérêts de ceux qui ne veulent ni de son ascension, ni de son autonomie.

Il ne s’agit pas d’une fatalité.

C’est une stratégie.

Une stratégie consciente, persistante, méthodique.

Patrice Emery Lumumba l’avait prophétisé :

« L’histoire du Congo sera écrite non à Bruxelles, non à Washington, mais chez nous, par nous et pour nous. »

Cette parole n’est pas un souvenir. C’est un commandement. Un avertissement. Et aujourd’hui, un cri d’alarme.

II. Le Congo doit s’appartenir : c’est la ligne rouge fixée par Mzee Laurent-Désiré Kabila

Lorsque Mzee Laurent-Désiré Kabila déclarait :

« Le Congo doit appartenir aux Congolais », il ne parlait pas en politicien. Il parlait en stratège, en résistant, en gardien de la Nation.

Il savait que ceux qui convoitent nos richesses voulaient affaiblir l’État, diviser le peuple, manipuler nos dirigeants, fragiliser notre armée. Il savait que pour devenir puissant, le Congo devait d’abord devenir souverain.

Aujourd’hui, cette souveraineté est en péril :

– accords signés sans consultation,

– ingérence accrue dans nos affaires internes,

– retours inexplicables de criminels de guerre,

– territoires perdus dans l’Est,

– institutions fragilisées,

– diplomatie incohérente,

– guerre permanente,

– enrichissement illicite,

– détournements massifs,

– violations de la Constitution,

– légitimité électorale contestée.

La République est blessée.

Et nos dirigeants tentent de signer des accords qui l’affaibliraient davantage.

Nous disons : Non.

III. Un État digne ne ratifie pas des accords en dehors du peuple

Les accords de Washington et de Doha engagent :

– notre sécurité,

– notre territoire,

– nos minerais stratégiques,

– nos frontières,

– notre armée,

– notre diplomatie,

– notre avenir.

Aucun gouvernement sérieux ne se permettrait de les ratifier sans débat national,

sans contrôle parlementaire,

sans éclairage des églises,

sans implication de la société civile, sans la voix de la Nation.

Le Congo ne peut pas être géré comme une entreprise privée.

Il ne peut pas être engagé dans des alliances contraires à ses intérêts vitaux. Il ne peut pas devenir une zone d’influence étrangère.

Nous sommes un État.

Nous sommes une République.

Nous sommes une Nation.

IV. Exigence absolue : un Dialogue national inclusif, sous la CENCO et l’ECC

La CENCO et l’ECC, dans leur sagesse, ont proposé un Dialogue intercongolais inclusif, un espace où toutes les forces vives peuvent dire la vérité, chercher la paix, restaurer l’unité.

Ce dialogue n’est ni un caprice, ni un calcul politique. C’est la seule issue raisonnable.

Il doit examiner :

– les accords signés,

– les responsabilités dans la guerre de l’Est,

– la question du M23,

– la gestion des minerais stratégiques,

– les irrégularités électorales,

– la détention d’opposants,

– les morts suspectes,

– la fragilisation de l’armée,

– l’influence étrangère dans la conduite de l’État.

Rien ne doit être caché.

Rien ne doit être contourné.

Rien ne doit être épargné.

V. Je conclus avec la fermeté de ceux qui ne se courbent pas et la solennité des nations qui refusent de mourir. Que chacun entende clairement : la souveraineté congolaise n’est ni négociable, ni divisible, ni exportable.

Quiconque tenterait de la troquer ou de la confisquer trouvera devant lui un peuple debout, indomptable, soudé comme une muraille vivante.

Nous ne sommes pas une terre à prendre : nous sommes une République à défendre.

Nous ne sommes pas un peuple à soumettre : nous sommes une Nation à respecter.

À ceux qui complotent contre nous, nous opposons la puissance de notre histoire.

À ceux qui nous sous-estiment, nous répondons par la détermination d’un peuple dont la résilience défie les siècles.

Et si un jour il fallait choisir entre la servitude et le sacrifice,

le Congo choisira toujours l’honneur.

Parce qu’on ne trahit pas la Patrie.

On la protège.

On la sert.

On la sauve.

Le Congo ne tombera pas.

Le Congo ne capitulera pas.

Le Congo ne s’agenouillera jamais.

Conclusion générale

Nous exigeons donc :

– La suspension immédiate de la ratification des accords de Washington et de Doha ;

– L’organisation d’un Dialogue national inclusif ;

– L’examen de tous les accords passés ;

– Le rétablissement de la légitimité, de l’unité et de la souveraineté.

Nous le devons à nos ancêtres,

à nos martyrs,

à nos enfants,

au sacrifice de Lumumba,

au courage de Mzee,

et à la dignité de tout un peuple.

Que Dieu bénisse la République démocratique du Congo.

Que Dieu protège son peuple.

Et que vive le Congo libre, souverain et éternel.

 Fait à Kinshasa le 3 décembre 2025.            

Moussa Kalema Sangolo-Zaku Président National et Membre du Bureau Politique du Parti des Vertus Républicaines (PVR), Membre du Bureau Politique du FCC

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