Beni : lourdes peines contre trois officiers FARDC et deux éléments wazalendo

Les rideaux sont tombés sur le procès en procédure de flagrance organisé par le tribunal militaire de garnison de Beni.

Après plusieurs jours d’audiences publiques tenues au rond-point du 30 juin, la juridiction militaire a rendu, le jeudi 10 juillet 2026, son verdict dans le dossier opposant le ministère public à cinq prévenus, dont trois officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et deux combattants Wazalendo poursuivis pour diverses infractions militaires.

Durant les audiences, le tribunal a examiné les éléments de preuve présentés par le ministère public, entendu les témoignages des personnes appelées à la barre ainsi que les moyens de défense développés par les avocats des prévenus.

Les débats ont principalement porté sur des faits de désertion simple, de violation des consignes et d’incitation de militaires à poser des actes contraires à la discipline militaire.

À l’issue des délibérations, le tribunal militaire a condamné Ilunga Jean-Claude Maweja à la peine de mort après l’avoir reconnu coupable des infractions de désertion simple et de violation des consignes.

La même peine a été prononcée contre Kasereka Maneno Achille et Akambo Moninga John, tous deux reconnus coupables de désertion simple et de violation des consignes.

Pour leur part, Kasereka Valihali Dalmon et Kasereka Paluku Timothée ont été condamnés chacun à 20 ans de servitude pénale pour incitation de militaires à commettre des actes contraires aux devoirs ou à la discipline militaire.

Le tribunal s’est également prononcé sur la constitution de partie civile de la réserve Armée pour la défense (RAD). La requête introduite par Kavira Kakundika Fazili, point focal de cette organisation au Nord-Kivu, a été déclarée irrecevable en la forme, entraînant son rejet.

Ces audiences publiques avaient mobilisé de nombreux habitants de Beni, des représentants des services de sécurité, des autorités politico-administratives ainsi que des acteurs de la société civile, venus suivre le déroulement de ce procès qualifié d’exemplaire par plusieurs observateurs.

À travers cette procédure de flagrance, la justice militaire entend renforcer la discipline au sein des forces engagées dans les opérations de sécurisation de l’est de la République démocratique du Congo, où les FARDC poursuivent les combats contre les groupes armés actifs dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Ce jugement marque la clôture d’un procès suivi avec une attention particulière par l’opinion publique, dans un contexte où les autorités militaires réaffirment leur détermination à sanctionner tout comportement contraire aux obligations et à la discipline militaires.

Héritier Kazadi Ngoy

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