Mbuji-Mayi plongé dans le noir depuis près de deux semaines

La ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï Oriental, traverse une période difficile après près de deux semaines sans électricité.

Selon un communiqué publié par la Société nationale d’électricité (SNEL), la coupure générale est survenue le 13 novembre à la suite d’un défaut sur la ligne haute tension de 30 kV, provoqué par un engin de la société minière SACIM.

La SNEL mentionne également une surtension à la sous-station de Tshibwe, liée à l’arrêt de fonctionnement de cette entreprise. La compagnie assure toutefois que le courant sera rétabli dès que les travaux de réparation seront achevés.

Sur place, les conséquences se font fortement sentir. Les autorités locales rapportent une paralysie notable de plusieurs secteurs essentiels.

Plusieurs radios et télévisions ont cessé d’émettre. Les sociétés de téléphonie, les chambres froides et de nombreux commerces fonctionnent désormais au moyen de groupes électrogènes ou d’installations solaires.

Cette situation affecte durement les opérateurs économiques.

« Nous n’avons plus d’électricité depuis près d’une semaine. Heureusement, j’ai des panneaux solaires pour maintenir mon auberge, mais ça ne remplace pas une alimentation stable provenant d’un barrage ou d’une centrale », explique Godefroid Mwela, propriétaire d’un établissement hôtelier.

La SACIM avait pourtant cédé 3 mégawatts sur les 12 produits par sa centrale hydroélectrique de Tubwa-Tubidi, afin de permettre l’alimentation en énergie de Mbuji-Mayi, Miabi et Kabeya-Kamwanga. Malgré cela, la ville reste plongée dans le noir, aggravant une situation déjà fragile.

L’absence d’électricité a également provoqué une pénurie d’eau potable dans presque tous les quartiers des cinq communes de Mbuji-Mayi.

La REGIDESO, dépendante du courant pour faire fonctionner son réseau, peine à produire et distribuer de l’eau. Dans de nombreuses avenues, femmes, jeunes filles et garçons parcourent de longues distances pour se ravitailler.

Les onze points d’eau gérés par l’ASUREP sont débordés, incapables de répondre aux besoins d’une population estimée à près de quatre millions d’habitants.

« Trouver de l’eau est devenu un véritable défi. Nous venons ici au point d’eau de l’ASUREP/Butshimunyi pour espérer en avoir un peu. Le gouvernement provincial doit intervenir en urgence, autant pour l’électricité que pour l’eau », déplore Sophie Kamwanya, agente de l’administration publique.

Alors que Mbuji-Mayi fait face à cette double crise énergétique et hydrique, les habitants appellent à une action rapide et coordonnée des autorités afin de rétablir les services essentiels et soulager une ville déjà confrontée à de multiples défis.

Félix Ilunga à Mbuji-Mayi

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