Beni : une civile tuée, trafic perturbé après une nouvelle attaque des ADF sur l’axe Oïcha-Eringeti

Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a semé la panique, l’après-midi de ce lundi 18 mai 2026, sur le tronçon routier Oïcha-Eringeti, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. 

L’incursion rebelle, signalée dans la zone d’Opira, a entraîné une interruption momentanée du trafic sur la Route nationale numéro 4 (RN4), axe stratégique reliant plusieurs agglomérations du Grand Nord.

Selon des sources locales contactées sur place, des coups de feu nourris ont retenti aux environs de 16 heures alors que des habitants exerçaient des activités de fabrication et d’extraction de braises dans cette zone située entre Oïcha et Eringeti. 

Les assaillants, présumés éléments ADF, auraient surgi dans la brousse avant d’ouvrir le feu sur les civils pris de court.

Au cours de cette attaque, une femme identifiée sous le nom de Ivone Apendeki, résidente d’Eringeti-Kasana, a été tuée. Plusieurs habitants ont fui vers des zones jugées plus sécurisées, abandonnant leurs activités champêtres et commerciales.

Des témoins indiquent que la circulation des véhicules et motos a été momentanément suspendue sur ce tronçon très fréquenté, les usagers craignant une embuscade rebelle. 

Certains conducteurs auraient préféré rebrousser chemin tandis que d’autres sont restés immobilisés pendant plusieurs heures en attendant le rétablissement de la sécurité.

Cette nouvelle violence survient quelques heures seulement après une autre attaque rebelle dirigée contre une position des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Lubambala, une localité située à environ deux kilomètres à l’est d’Eringeti. 

Des échanges de tirs y ont été signalés tôt dans la journée entre les militaires congolais et les assaillants.

Malgré l’intervention des FARDC, les rebelles auraient réussi à traverser la RN4 au niveau d’Opira, quittant la partie est pour se diriger vers l’ouest, selon plusieurs sources concordantes. 

Cette mobilité des combattants ADF continue d’alimenter l’inquiétude des populations locales qui dénoncent la recrudescence des attaques dans cette zone pourtant placée sous surveillance militaire.

Depuis plusieurs années, les ADF multiplient des attaques meurtrières dans les territoires de Beni et d’Irumu, ciblant régulièrement les civils, les voyageurs ainsi que les positions militaires. 

En dépit des opérations conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération militaire « Shujaa », l’insécurité demeure persistante dans plusieurs villages du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Face à cette nouvelle attaque, des acteurs de la société civile appellent au renforcement des dispositifs sécuritaires le long de la RN4 afin de protéger les populations et sécuriser cet axe routier vital pour les échanges économiques dans la région.

Héritier Kazadi

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