Nord-Kivu : 170 morts, 67 enlèvements et 56 viols en deux mois à Goma et Rutshuru (Rapport) 

La situation sécuritaire à Goma, dans ses périphéries et dans le territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu atteint un niveau alarmant.

Au moins 170 personnes ont été tuées, 67 enlevées et 56 femmes violées entre décembre 2025 et le 30 janvier 2026, dans un climat marqué par des violations massives des droits humains.

Tel est le résultat du rapport du Magazine hebdo « Goma+ » fait par des conseils communaux de la jeunesse de Goma, Karisimbi et le Conseil territorial de Rutshuru et rendu public ce vendredi 30 janvier.

Les données collectées par ces derniers font également état de 142 maisons incendiées, 104 habitations et commerces braqués, 87 blessés par armes à feu ou armes blanches et 43 accidents mortels de circulation.

À ces chiffres déjà lourds s’ajoutent des cas de corps retrouvés sans vie, d’incendies criminels, d’engins explosifs découverts et de recrutements forcés de jeunes. Mais aussi des civils pris pour cible et enfants figurent parmi les victimes. 

Selon toujours le même rapport, plusieurs témoignages évoquent des assassinats ciblés, des enlèvements nocturnes, ainsi que des violences sexuelles suivies d’exécutions. 

À Goma et Nyiragongo, des personnes ont été retrouvées mortes à proximité de positions occupées par des éléments armés, dans des zones pourtant fortement contrôlées.

Un cas particulièrement choquant est celui de Mapendo Kasole Christelle, enceinte de sept mois, enlevée puis retrouvée morte quelques heures plus tard. 

D’autres corps, dont ceux d’un homme de 60 ans et de sa fille de 16 ans, ont également été découverts dans la même zone.

Plus de 130 civils y ont été tués, des villages entiers incendiés et des dizaines de femmes violées, notamment dans le groupement de Bukombo. 

Des localités comme Rukiri, Bumbasha, Mashango ou Kanyangohe ont été le théâtre de massacres d’une extrême brutalité, selon les témoignages recueillis sur le terrain.

Des travaux communautaires forcés, connus sous le nom de Salongo, sont également dénoncés. Des milliers d’hommes auraient été contraints de couper des bananiers et des arbres, aggravant l’insécurité alimentaire et la destruction de l’environnement 

Face à cette escalade de violences, le Magazine Hebdo « Goma+ » dénonce des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et alerte sur le silence préoccupant de la communauté nationale et internationale.

Les conseils communaux de la jeunesse de Goma, Karisimbi et le conseil territorial de Rutshuru, appellent à l’ouverture urgente d’une enquête indépendante, à la mise en place d’un mécanisme de protection des civils, ainsi qu’à des sanctions ciblées contre les responsables autorités de l’AFC-M23.

NM.CD

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