Drame à Rutshuru : une école transformée en camp de misère pour 100 ménages oubliés

Plus de 100 ménages déplacés vivant dans les bâtiments de l’École primaire Bethléhem, à Kiseguro, dans le groupement de Binza, territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, font face à des conditions de vie précaires, sans assistance humanitaire.

Fuyant les violences armées, ces familles manquent notamment de nourriture, de vêtements et de soins médicaux.

Selon les témoignages recueillis sur place, ces déplacés viennent notamment de Bambo, de Masisi, de Walikale, de Nyiragongo, kalehe et de l’Ouganda. Certains ont fui les affrontements entre les Wazalendo et les combattants de l’AFC-M23, tandis que d’autres disent avoir rejoint la zone à la recherche de terres agricoles. Cependant, les opérations militaires les empêchent d’accéder à leurs champs.

Une mission d’évaluation menée par l’association Pamoja Tunaweza a permis de constater la précarité dans laquelle vivent ces familles. Son président, David Magori, alerte sur l’urgence de leur situation.

« Nous avions effectué une mission d’évaluation dans la zone et constaté que, malgré nos propres difficultés, ces déplacés sont au bord de mourir de faim », a-t-il déclaré.

Hébergées dans une école, les familles manquent également de vêtements, d’ustensiles de cuisine et de moyens pour accéder aux soins de santé. Les enfants sont particulièrement exposés, certains étant privés de scolarité en raison de cette situation.

« Cela fait deux mois que je suis arrivée ici, en provenance de Masisi. Je n’ai ni nourriture ni vêtements, et mes enfants ne vont pas à l’école », témoigne une femme déplacée.

La fermeture de l’accès aux champs aggrave davantage la situation de ces ménages, privés de leur principale source de subsistance. Un autre déplacé, qui a requis l’anonymat, explique que la vie était moins difficile lorsqu’il pouvait encore cultiver ses terres.

Face à cette situation, Jacques, responsable du site d’hébergement, craint une aggravation de la crise, particulièrement pour les enfants. Il appelle les organisations humanitaires, les associations et les personnes de bonne volonté à se mobiliser rapidement afin de venir en aide aux familles.

Cette situation illustre les conséquences humanitaires persistantes des violences armées au Nord-Kivu, où de nombreuses familles déplacées peinent à satisfaire leurs besoins essentiels.

À Kiseguro, une intervention urgente est sollicitée pour répondre aux besoins alimentaires, sanitaires et vestimentaires des ménages hébergés à l’EP Bethléhem.

Le mouvement de la population ne cesse d’être instable à cause de la précarité de la vie et la persistance de la crise dans la partie Est du pays

Moïse Excel, depuis Goma

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