Dans une interview accordée lundi 8 septembre à partir d’Addis-Abeba à TV5, la ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, a souligné l’importance de l’engagement des pays industrialisés dans la lutte contre le changement climatique. Elle a mis en lumière le potentiel de l’Afrique, tout en dénonçant les inégalités face aux ressources naturelles et aux émissions de gaz à effet de serre. Elle a également présenté les initiatives de la République Démocratique du Congo pour faire face au défi climatique. Interview.
Quelle est votre réaction face à ce constat accablant : l’Afrique ne produit que 4% des émissions mondiales et subit de plein fouet des conséquences de réchauffement climatique ?
L’Afrique est consciente de sa capacité à réguler et à équilibrer le changement climatique. Pourtant, comme vous l’avez rappelé, notre continent n’émet que 4%, voire moins de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon les données scientifiques.
Il n’est donc pas normal que l’Afrique, qui regorge des ressources naturelles indispensables pour créer cet équilibre climatique, ne bénéficie pas pleinement des engagements et des ressources promis depuis le début des discussions internationales sur le climat. Depuis Addis-Abeba, l’Afrique a décidé d’unir sa voix pour plaider cette cause, qui apparaît aujourd’hui comme une véritable injustice.
Qu’attendez-vous concrètement de la part des nations industrialisées à ce sujet ?

Nous attendons d’elles qu’elles soient conséquentes. Il faut que les pays industrialisés comprennent que lorsqu’on demande aux États qui disposent de ressources naturelles de contribuer à l’amélioration de notre bien-être commun, il est aussi nécessaire qu’ils soutiennent ces efforts.
Car, lorsqu’un air est pollué, aucun individu au monde n’est épargné. On ne peut pas demander à l’Afrique de conserver ses ressources sans que, dans le même temps, ceux qui en bénéficient n’apportent pas un appui réel et substantiel. Il s’agit d’une injustice que ce sommet veut corriger, en harmonisant nos voix pour mieux défendre notre cause.
Ce sommet peut-il réellement faire pression sur les puissances industrielles, ou n’est-ce qu’un nouveau cri d’alarme dans le désert ?
Je pense que ce sommet peut réellement exercer une pression. Nous nous dirigeons vers une position commune que nous défendrons lors de la COP30.
Le monde doit prendre conscience que l’unité africaine est essentielle pour avancer vers un développement durable. Nous attendons donc des réactions positives de la part de nos partenaires stratégiques, car c’est aussi leur responsabilité.
Quelles mesures concrètes la RDC met-elle en place au niveau national pour s’adapter au changement climatique, qui touche déjà vos populations ?
La RDC agit sur deux dimensions principales. Premièrement, nous travaillons à faire reconnaître la RDC comme pays-solution. En effet, nous disposons de la majorité des ressources nécessaires pour réguler le climat.
Concrètement, nous concevons un vaste programme de foresterie visant à lutter contre la dégradation de nos forêts, lesquelles varient selon les territoires.
Ce programme sera fédérateur : il mettra fin aux interventions éparpillées, en mobilisant énergies et ressources, pour obtenir des résultats concrets et durables. Il permettra aussi de soutenir nos communautés locales, qui dépendent des forêts et auxquelles nous demandons de conserver ces ressources au lieu de les exploiter sans contrôle.
Deuxièmement, nous avons engagé la mise en œuvre de la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, concernant la régulation du marché carbone. C’est un chantier crucial pour que la RDC puisse tirer un maximum de bénéfices de ses ressources naturelles et répondre efficacement à ses besoins de développement.
Texte retranscrit à Kinshasa par Dina BUHAKE










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2 réponses
Il faut absolument que nous concentrions sur la gestion de marché de peur de le voir contaminé par les réseaux criminels environnementaux par la sous-évaluation ou minoration des quantité Teco2 séquestrés par nos puits carbone. Il faut l’émergence d’une expertise congolaise. Il existe des normes la validation des inventaires des GES et aussi sur la validation des puits carbone.
Le marché carbone me paraît une véritable priorité pour faire bénéficier les pays des ressources indispensables pour le développement des communautés locales. Il est temps de former des experts locaux dans tous les organismes publics ou privés intéressés par le marché. Il est dangereux voire le marché contrôlé par les potentiels acheteurs de permis carbone.