Affaire de l’aéroport de Goma : Patrick Muyaya traite les affaires de l’État avec légèreté

Sortie médiatique complètement ratée pour le porte-parole du gouvernement congolais au sujet du controverse suscité par la demande d’Emmanuel Macron de rouvrir l’aéroport de Goma pour de raisons humanitaires.

Par simple souci de réagir au refus du Kigali, Patrick Muyaya a parlé sans maîtriser de quoi il parlait.

« La réouverture de l’aéroport de Goma se fera uniquement sur autorisation des autorités congolaises », a-t-il avancé. Une déclaration qui continue de sonner comme une légèreté de la part d’un membre du gouvernement d’un pays agressé.

Patrick Muyaya maîtrise t-il vraiment l’a.b.c de la guerre? Ne sait-il pas que la ville de Goma est sous-occupée par une force militaire -bien qu’étrangère- qui a eu raison sur l’armée congolaise ?

Avant d’agir de la sorte, Patrick Muyaya devrait d’abord répondre à la question « qui avait fermé d’abord l’aeroport de Goma ? ». S’il affirme que l’aéroport de Goma a été fermé sur ordre de Kinshasa, il a aura bien raison de dire qu’il appartient aux seules autorités congolaises de le rouvrir.

Et même si tel était le cas, pourquoi les autorités congolaises ont-elles attendues la tenue de la conférence internationale sur les Grands lacs à Paris pour se prononcer sur la réouverture de l’aéroport de Goma? Quelle comédie de la part de Patrick Muyaya qui prend les Congolais pour des idiots.

Patrick Muyaya veut dire quoi par « autorités congolaises »? S’agit-il de ceux qui dirigent aujourd’hui Goma et Bukavu ou les autorités issues du pouvoir de Kinshasa ?

Quelles balivernes ? Les autorités congolaises siègent dans la brousse de Beni  loin du chef lieu du Nord-Kivu. Comment est-ce possible qu’elles autorisent la réouverture de l’aéroport de Goma occupé sans l’aval de l’occupant ?

Loin des « djalelo », le réalisme veut que Patrick Muyaya reconnaisse que cet aéroport se trouve dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda. Et c’est cette même administration qui est plus concernée que Kinshasa. En moins que le gouvernement inverse la tendance en s’imposeant militairement.

Que Patrick Muyaya se rappelle qu’il y a quelques mois, cette même année, l’Ouganda, un des pays agresseurs de la RDC (Ndlr : même si Kinshasa ne l’a jamais reconnu officiellement) a ouvert la frontière de Bunagana, qui est un territoire de la RDC, avec l’autorisation de qui? Où étaient les autorités congolaises pour donner leur approbation ou s’y opposer?

Des affaires de l’état, pense t-on, engagent la vie des populations. Et un porte-parole du gouvernement soit-il ne peut pas les traiter avec autant de légèreté.

Rachidi MABANDU 

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