A Manathan, Félix Tshisekedi Tshilombo appelle la communauté internationale à reconnaître le GENOCOST

Au cours d’une confèreence parallèle ( side event ) organisée le lundi 22 septembre par la mission permanente de la RDC aux Nations -Unies au Jay Conference Center de Manathan, le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a appelé la communauté internationale à reconnaître le genocide perpétré en RDC pour des gains économiques ( GENOCOST) depuis plus de trois décennies.

En présence de la Première Dame Denise Nyakeru, de plusieurs diplomates , des scientifiques , lobbyistes , admirateurs de la RDC et une représentation significative de la diaspora congolaise , le Chef de l’Etat a livré les principaux axes de son plaidoyer .

« Ces crimes planifiés et systématiques dans leur modus operandi, relèvent, pour certains actes, de la logique et de l’intention génocidaire », a dit en substance le président Tshisekedi.

« Trop souvent, ces tragédies ont été minimisées, relativisées, parfois niées. Nous sommes ici pour briser ce silence, lever le voile et appeler, solennellement, à la reconnaissance internationale des génocides perpétrés sur le territoire congolais — condition d’une justice qui répare et d’une paix qui dure », a-t-il expliqué.

Cellcom Présidence

Une réponse

  1. Genocost : la tragédie congolaise que le monde refuse de nommer

    Dans l’Est de la République démocratique du Congo, on l’appelle le Genocost.
    Un mot forgé par la société civile pour dire l’indicible : les massacres, les viols massifs, les villages rayés de la carte et les millions de vies brisées depuis les années 1990. Un mot qui exprime l’idée d’un peuple sacrifié sur l’autel des guerres régionales et de l’exploitation des richesses minières — coltan, or, cobalt.

    Pourtant, au-delà des frontières congolaises, ce terme ne trouve pas d’écho officiel. Pas de reconnaissance par l’ONU, pas de tribunal international, pas même un consensus diplomatique. Pourquoi un tel silence ?

    La bataille des mots

    En droit international, « génocide » n’est pas qu’un terme moral : c’est une qualification juridique très précise. Elle exige la preuve d’une intention d’exterminer un groupe en tant que tel. Or, malgré l’ampleur des crimes ( plusieurs millions de morts selon certaines estimations cumulées ), cette intention n’a jamais été formellement établie par une juridiction internationale. Résultat : on parle de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité… mais pas de génocide.

    Des intérêts qui pèsent plus lourd que les victimes

    Derrière les violences, il y a aussi l’or noir du XXIe siècle : le cobalt et le coltan, indispensables aux batteries et aux technologies numériques. Reconnaître un génocide impliquerait d’identifier des responsables, y compris parmi des États voisins comme le Rwanda ou l’Ouganda, et peut-être même certaines multinationales. Une bombe diplomatique que les grandes puissances préfèrent éviter.

    Une justice en panne

    Le contraste avec le Rwanda est frappant : après le génocide des Tutsi en 1994, un tribunal international a été mis en place. En RDC, rien de tel. Le rapport Mapping publié par l’ONU en 2010 documente pourtant des atrocités qui « pourraient constituer des actes de génocide ». Quinze ans plus tard, il reste lettre morte.

    Une mémoire portée par les Congolais

    Face à cette indifférence internationale, ce sont les Congolais eux-mêmes qui entretiennent la mémoire. Associations, universitaires et responsables politiques parlent du Genocost pour rappeler que derrière les minerais tant convoités se cachent des vies humaines.

    « Tant que le monde ne nommera pas notre souffrance, il fermera les yeux sur notre histoire », confie un militant congolais.

    Le Genocost n’est pas qu’une question de droit ou de diplomatie : c’est aussi celle de la dignité d’un peuple. En attendant une reconnaissance internationale, ce sont les voix congolaises qui portent seules cette mémoire contre l’oubli, contre le silence.(S.R)

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