À l’heure où la ville de Kinshasa fait face à une insalubrité persistante et à des inondations récurrentes, le Cercle Sophie Kanza, une association regroupant des femmes professeures d’université de la République démocratique du Congo, a plaidé pour la mise en place d’un mécanisme scientifique indépendant chargé d’assurer le suivi et l’évaluation des programmes d’assainissement dans la capitale.
Conduite par sa présidente, la professeure Berthe Nzinga Ilunga, une délégation de l’organisation a été reçue le 5 mars à Kinshasa par la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du climat, Marie Nyange Ndambo, afin d’échanger autour des défis environnementaux qui affectent la ville.
Au cœur des discussions : la problématique de l’assainissement dans une mégapole estimée à plus de 15 millions d’habitants, confrontée à une croissance démographique rapide qui met à rude épreuve les infrastructures de drainage, la gestion des déchets et l’évacuation des eaux.

« Nous sommes venues voir Madame la Ministre parce que la question de l’assainissement de la ville de Kinshasa nous interpelle en tant que professeures et chercheuses », a expliqué la professeure Berthe Nzinga Ilunga. Elle a souligné que les difficultés liées à la gestion des déchets et aux eaux pluviales ont des conséquences directes sur le quotidien des habitants.
Selon elle, les effets de cette situation sont visibles à chaque saison des pluies : inondations répétées, insalubrité généralisée et pollution croissante des sols et du fleuve.
La présidente du Cercle Sophie Kanza a également relevé que, malgré l’existence de nombreux programmes et projets consacrés à l’assainissement dans la capitale, les résultats restent peu perceptibles sur le terrain.
» Plusieurs initiatives existent, mais la question demeure, que font réellement ces programmes et pourquoi les problèmes persistent-ils avec des conséquences parfois si graves ? », s’est-elle interrogée.
Pour ces universitaires, les limites observées seraient notamment liées à un manque de coordination entre les différents projets, à l’absence d’un dispositif rigoureux d’évaluation ainsi qu’à un suivi insuffisant des actions menées.
Face à ce constat, le Cercle Sophie Kanza propose la création d’un système scientifique indépendant capable d’assurer la coordination, le suivi et l’évaluation de l’ensemble des programmes d’assainissement à Kinshasa.
L’objectif est de renforcer l’efficacité des initiatives existantes et de formuler des recommandations concrètes pour améliorer durablement de la gestion des déchets, le système de drainage et la salubrité publique.
La délégation a également indiqué que cette démarche vise à mettre l’expertise universitaire au service des politiques publiques afin d’apporter des solutions durables aux défis environnementaux auxquels est confrontée la capitale congolaise.
À l’issue de la rencontre, la ministre Marie Nyange Ndambo a pris acte des préoccupations et propositions formulées par les membres du Cercle Sophie Kanza. Elle s’est engagée à examiner les pistes de collaboration envisagées afin de renforcer les actions d’assainissement dans la ville de Kinshasa.
César Ipoka











