La situation sécuritaire à Bambo, dans le territoire de Rutshuru en province du Nord-Kivu, a connu une escalade dramatique le samedi 31 janvier à l’aube.
Selon une alerte du Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru, des éléments de l’AFC-M23 ont sillonné plusieurs localités à l’aide de mégaphones, ordonnant à toute la population — hommes, femmes et enfants — de se rendre de force à un rassemblement au rond-point de Bambo-Central. Des menaces de sanctions sévères et de fouilles maison par maison auraient été proférées contre toute personne refusant d’obtempérer.
Plus de 15 000 habitants de Bambo et des environs, dont Bugina dans le groupement de Tongo, auraient été contraints d’assister à cette réunion.
Sur place, un officier de l’AFC-M23 aurait exigé que toute personne soupçonnée d’avoir collaboré avec les Wazalendo, ainsi que les femmes mariées à des combattants Wazalendo, se présentent volontairement, sous peine d’exécution pour toute personne dénoncée. Par la suite, des femmes, des hommes et des jeunes ont été sélectionnés de force et séparés de la foule avant d’être emmenés vers des destinations inconnues.
D’après les premières estimations communiquées par des acteurs locaux, plus de 1 000 personnes, majoritairement des jeunes dont près de la moitié seraient des élèves, auraient été enrôlées de force à des fins de formation militaire. Des personnes âgées figureraient également parmi les victimes.
Cette opération interviendrait dans un contexte de coupure des réseaux de télécommunication dans plusieurs territoires du Nord-Kivu, une situation qui alimente les craintes d’atteintes graves aux droits humains commises loin de tout regard extérieur.
Face à cette alerte, le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru appelle la communauté internationale, les Nations unies, l’Union africaine et les organisations de défense des droits humains à exiger la libération immédiate et sans condition des civils recrutés de force, ainsi que le retour des élèves dans leurs établissements scolaires. Les acteurs locaux réclament également des sanctions ciblées contre les responsables présumés et la mise en place urgente de mécanismes de protection des civils et d’assistance humanitaire dans les zones affectées.
Moïse Excel, Goma










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