Introduction : l’éveil d’une nation en danger
Il y a des moments dans la vie d’un peuple où l’histoire semble hésiter entre le déclin et la renaissance. La République démocratique du Congo traverse aujourd’hui l’un de ces instants cruciaux. Un instant où chaque citoyen, chaque cadre, chaque responsable politique doit regarder la vérité en face : notre souveraineté est fragilisée, notre cohésion nationale est éprouvée, et notre avenir économique est menacé par des accords et engagements dont les contours restent opaques pour la communauté nationale.
La signature récente d’un accord présenté comme “historique” entre la RDC et le Rwanda, sous parrainage des États-Unis et du Qatar, marque une étape décisive. Historique, certes mais pour qui ?
Pour les Congolais qui luttent depuis trois décennies pour leur dignité ?
Ou pour les puissances qui convoitent nos ressources stratégiques ?
1. La paix ne peut être le masque d’une nouvelle dépendance
L’accord qui nous est présenté comme une percée diplomatique n’est, en réalité, que le dernier chapitre d’un long processus de fragilisation de l’État.
Oui, notre nation aspire à la paix.
Oui, nos populations de l’Est méritent plus que quiconque un horizon débarrassé du bruit des armes.
Mais une paix construite sur des concessions qui affaiblissent la souveraineté n’est pas une paix : c’est un répit dangereux.
Le peuple congolais doit comprendre que :
• ce n’est pas la première fois que la RDC signe un accord avec son voisin ;
• ce n’est pas la première fois qu’on nous promet une désescalade qui ne se matérialise jamais ;
• ce n’est pas la première fois que les parrains internationaux se félicitent alors que les Congolais payent le prix du sang.
2. Le rôle ambigu des parrains internationaux
La médiation des États-Unis et du Qatar n’a rien d’anodin.
Elle s’inscrit dans une compétition mondiale féroce autour des minerais stratégiques : cobalt, lithium, coltan , devenus indispensables à la transition énergétique, à l’intelligence artificielle et aux technologies du futur.
Nous, Congolais, savons depuis longtemps que lorsque les projecteurs du monde se braquent sur nous, ce n’est jamais pour admirer notre beauté, mais pour briller sur nos richesses.
Ce qui est présenté comme une initiative pacificatrice peut très bien être l’un des plus grands mécanismes de repositionnement géoéconomique dans la région, au bénéfice de ceux qui financent, influencent ou contrôlent les acteurs régionaux.
3. La souveraineté économique est en péril
Ce qui inquiète , et ce que beaucoup n’osent pas dire ce sont :
• la possibilité de corridors sécurisés échappant à notre contrôle,
• le risque de concessions économiques disproportionnées,
• la marginalisation des institutions congolaises dans la gestion de nos ressources.
L’histoire congolaise est faite de ces traités présentés comme des opportunités, et qui se sont révélés être des chaînes.
L’histoire nous a appris que la dépossession commence toujours par un discours séduisant.
4. La responsabilité régionale ne doit pas être effacée
La paix ne peut être durable si elle se construit en occultant les réalités établies par des rapports internationaux.
On ne peut demander au peuple congolais d’accepter une paix qui commence par effacer les causes profondes de la guerre :
financements occultes, circulations transfrontalières d’armements, soutien à des groupes armés.
La vérité ne doit pas être négociée autour d’une table.
La vérité est un préalable à toute paix véritable.
5. Le Congo n’est pas vaincu : l’heure de la résistance démocratique
Ce pays n’est pas un patient en fin de vie.
Il est blessé, affaibli, trahi parfois , mais il est debout.
Il appartient aux Congolaises et Congolais d’opposer à la fatalité une résistance démocratique, nationale, pacifique et organisée.
Nous devons refuser tout accord qui :
• affaiblit nos institutions,
• confisque notre avenir,
• ou compromet nos ressources stratégiques.
Conclusion : l’appel à la conscience nationale
Le Congo ne sera sauvé ni par les discours étrangers ni par les promesses diplomatiques.
Il ne sera sauvé que par le réveil de la conscience nationale, par l’unité de son peuple, par la lucidité de ses élites et par la capacité de chacun à dire NON à toute forme de dépossession.
Ce moment est historique, oui.
Non pas pour ceux qui applaudissent depuis Washington, Doha ou Kigali.
Mais pour nous :
Parce qu’il est temps de choisir entre la résignation et la dignité.
Fait à Kinshasa le 12/12/2025.
Moussa Kalema Sangolo-Zaku President National, membre du Bureau Politique du PVR , membre du Bureau Politique du FCC











