Parc des Virunga : des buffles ravagent carottes, pommes de terre, haricots et maïs à Kibumba

Les habitants du groupement de Kibumba, dans le territoire de Nyiragongo en province du Nord-Kivu, font face à une nouvelle crise qui menace leur survie : la destruction massive de leurs champs par des buffles provenant du Parc national des Virunga.

Dans un communiqué rendu public ce vendredi 7 novembre,  la coordination territoriale de la société civile de Nyiragongo dénonce une situation devenue « intenable » et appelle l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) à intervenir de toute urgence.

Selon la source, depuis la réoccupation partielle de la zone par les populations après l’avancée de l’AFC-M23, les agriculteurs de plusieurs villages (Rutovu, Kabindi, Kiroje et Kibiriga) voient leurs récoltes dévastées nuit après nuit. 

Les buffles, qui auraient profité de l’absence de clôtures électriques autrefois installées à la limite du parc, traversent désormais librement pour ravager les carottes, les pommes de terre, haricots et maïs.

La coordination territoriale s’insurge contre « le silence manifeste » de la Direction provinciale de l’ICCN Nord-Kivu, alors que les dégâts augmentent à chaque saison agricole. 

Elle appelle directement le Directeur Général de l’ICCN à ordonner la construction immédiate d’une nouvelle clôture électrique afin d’empêcher la sortie des animaux sauvages et de prévenir des attaques potentielles contre les civils.

« Ne pas résoudre ce problème dans un bref délai, c’est vouloir accentuer la tension entre les gestionnaires du Parc National des Virunga et les populations riveraines », avertit Jean-Claude  Mambo Kawaya.

Pour les familles de Kibumba, ces champs représentent bien plus qu’une activité économique. Ils constituent la principale source de revenus permettant de scolariser les enfants, nourrir les ménages et répondre aux besoins vitaux.

La société civile demande donc à l’ICCN d’indemniser les agriculteurs touchés, rappelant que Kibumba est l’un des sept groupements stratégiques du territoire de Nyiragongo, reconnu pour sa fertilité, son climat favorable et la vitalité de sa population dans le secteur agricole.

D’après le communiqué, le retrait des autorités congolaises lors des affrontements avec l’AFC-M23 aurait facilité le vol des fils électriques qui formaient la barrière anti-intrusion.

Sans ce dispositif, les buffles du secteur de Mikeno s’aventurent désormais jusqu’aux agglomérations, augmentant le risque de drames humains.

Moïse Excel, Goma

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