Ouganda : les réfugiés congolais à Nakivale victimes de violences, dénonce le CPPFE

Les réfugiés coongolais au sol ougandais subissent des violations graves et répétées dans les camps des réfugiés, c’est ce qu’a dénoncé le conseil pour la Protection et la Promotion de la Femme et de l’Enfant (CPPFE).

L’ONG tire la sonnette d’alarme sur de multiples violations des droits humains commises, en particulier aux femmes et des enfants, plus précisément dans le camp de Nakivale, au sud-ouest de l’Ouganda.

Dans une lettre ouverte urgente adressée notamment, au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), au gouvernement ougandais, à l’Ambassade de la République démocratique du Congo en Ouganda ainsi qu’à plusieurs organisations internationales de défense des droits humains, le CPPFE décrit une situation qualifiée de « préoccupante et inacceptable ».

Selon l’organisation, les femmes et les enfants réfugiés subissent des violences physiques, verbales, psychologiques et des humiliations publiques, souvent perpétrées par des agents de sécurité censés assurer leur protection.
Des enfants de moins de 10 ans seraient battus brutalement et traités comme des criminels.

La lettre de dénonciation évoque également des actes de corruption où certains réfugiés sont contraints de payer pour être admis ou maintenus dans le camp, avec refoulement arbitrairement de ceux qui ne sont pas en mesure de répondre à cette exigence des agents de l’ordre.

Un cas emblématique de violence dénoncé
Parmi les faits rapportés serait le cas d’une jeune fille congolaise de 16 ans, originaire du Nord-Kivu, qui aurait été traînée de force dans une douche et violemment frappée par un agent de sécurité, le 27 décembre 2025, à la suite d’une dispute avec une autre adolescente.

Malgré une plainte déposée auprès de la police locale, aucune intervention n’aurait été engagée, illustrant, selon l’organisation, une grave négligence des autorités compétentes.

Neema Serutoke Claudine, coordonnatrice de cette organisation de protection et de défense souligne que plusieurs agents de sécurité opérant dans le camp agissent sans formation adéquate en droits humains, favorisant ainsi des traitements inhumains et dégradants.

Ces pratiques constitueraient une violation flagrante de nombreux instruments juridiques internationaux et nationaux, notamment la Charte des Nations unies, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Convention relative aux droits de l’enfant, ainsi que la Constitution ougandaise.

Face à cette situation, l’organisation appelle à une action urgente et coordonnée. Elle recommande notamment : Le renforcement immédiat des mécanismes de protection des réfugiés, surtout des femmes et des enfants, la mise en place de systèmes de plainte accessibles, confidentiels et efficaces et des enquêtes indépendantes sur les violations signalées outres les sanctions exemplaires contre les auteurs des abus et le déploiement de programmes de soutien psychosocial et éducatif pour les enfants victimes.

Le CPPFE exhorte la communauté internationale à exercer une pression accrue sur les autorités concernées afin de garantir la dignité, la sécurité et la protection des réfugiés congolais en Ouganda, rappelant que l’inaction actuelle aggrave leur vulnérabilité.

Moïse Excel, Goma

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