La situation de la liberté de presse au Kenya n’est pas du tout reluisante, comme l’a attesté l’un des intervenants au Congrès des éditeurs africains 2026 qui se tient à Nairobi.
Les journalistes et les médias font face, notamment aux abus de procédures judiciaires et à une législation régressive, a souligné Lawrence Murugu Mutu de la Fondation Reuters.
Se basant sur une étude sur la liberté de la presse au Kenya, réalisée par la Fondation Reuters, en collaboration avec ALT Advisory et Power Law Africa, Lawrence Murugu Mutu a indiqué, du haut de la tribune, que « les journalistes et les médias au Kenya sont confrontés à des attaques juridiques systématiques, notamment par le biais d’abus de procédures légales, de législations régressives et de menaces technologiques, financières et commerciales croissantes qui sapent la liberté de la presse et fragilisent la pérennité du secteur ».
Le rapport, basé sur une analyse législative et des consultations avec des journalistes, révèle les menaces juridiques auxquelles sont confrontés les médias kényans.
Selon l’étude, 42 % des journalistes ont reçu des menaces légales, et la sécurité a été identifiée comme une préoccupation majeure. 65 % des professionnels des médias estiment que la protection juridique est leur besoin principal.
Pour 48%, la sécurité des journalistes a été identifiée par de nombreux répondants comme l’une des plus grandes menaces juridiques pesant sur le journalisme au Kenya.
Au regard de ce tableau, le rapport souligne la nécessité d’une coordination multisectorielle et d’actions collectives pour renforcer la liberté de la presse.
C’est dans cette optique que les recommandations proposées dans le rapport visent à mettre en place des mesures concrètes et fondées sur des données probantes pour défendre les droits des médias dans un contexte de menaces croissantes.
Il est essentiel de renforcer la mise en œuvre des lois sur l’accès à l’information et aux médias communautaires. Il est également crucial de lutter contre les abus de procédure judiciaire en offrant des protections juridiques et en réformant le système judiciaire.
Parallèlement, le rapport demande d’atténuer l’impact des lois répressives et invalidantes en recueillant des preuves et en sensibilisant le public, ainsi que de lutter contre les méfaits facilités par la technologie, tout en promouvant la pérennité du journalisme. Cela peut être réalisé grâce à des mécanismes de soutien juridique plus robustes, à l’éducation et à l’élaboration de politiques solides.
Ces actions visent à renforcer la liberté d’expression et à soutenir le journalisme dans un contexte difficile. Ce rapport s’appuie sur le rapport mondial de 2023 intitulé « Instrumentaliser le droit : les attaques contre la liberté des médias ».
Dina BUHAKE, depuis Nairobi au Kenya
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