La sortie publique du ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, en réaction au message pastoral de Monseigneur Fulgence Muteba, président en exercice de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo « CENCO », appelle de la part des personnes conscientes éprises de paix et de justice, que regorgent encore le pays un recadrage mieux une mise au point républicaine sérieuse.
En se comportant davantage comme l’attaché de presse d’un cabinet politique que comme le porte-parole institutionnel du Gouvernement de la République, le ministre a transformé un débat national majeur en une diatribe émotionnelle sans contenu substantiel.
1. Une indignation bruyante, mais un silence sur l’essentiel
Le ministre affirme avec vigueur que l’accord ne serait pas d’une durée de 99 ans.
Soit.
Mais alors, quelle est la durée réelle ?
Sur ce point central, le ministre se tait.
Sur les clauses précises, il se tait.
Sur les annexes, il se tait.
Sur les engagements contraignants, il se tait.
Or, en République, ce qui n’est pas dit clairement nourrit légitimement la suspicion.
2. Un accord négocié dans l’opacité totale
Qu’on le veuille ou non, les faits sont têtus :
• Aucun débat national préalable
• Aucune implication du Parlement
• Aucun débat citoyen
• Aucune expertise indépendante nationale ou internationale rendue publique
• Une précipitation manifeste
• Une communication postérieure et défensive
Cela ne correspond ni à la transparence,
ni à la bonne gouvernance,
ni à la souveraineté républicaine.
Dans ces conditions, ce n’est pas Monseigneur Muteba qui crée le doute,
c’est le gouvernement lui-même par son opacité.
3. Le respect dû aux pères spirituels et aux institutions morales
Le ton employé par le ministre à l’égard du président de la CENCO est inacceptable dans une République mature.
Qu’on soit d’accord ou pas avec un évêque :
• on ne l’apostrophe pas publiquement comme un subalterne,
• on ne l’accuse pas légèrement de mensonge,
• on ne confond pas autorité politique et arrogance verbale.
Le ministre parle au nom de la République, pas de son ego.
Il doit donc :
• mesurer ses mots,
• respecter les institutions morales,
• se souvenir que la CENCO a souvent joué un rôle de stabilisation nationale lorsque l’État faiblissait.
4. La diversion ne remplacera jamais la vérité
En reprochant à Monseigneur Muteba de ne pas avoir parlé suffisamment :
• des déplacés,
• de l’agression rwandaise,
• du pillage du coltan,
le ministre pratique une diversion rhétorique.
Le silence supposé d’un évêque n’efface pas l’obligation du gouvernement de rendre compte sur un accord stratégique engageant l’avenir du pays.
Les deux sujets ne s’annulent pas. Ils se complètent.
5. Le peuple rejette les accords de la honte
Qu’on l’admette ou non, une large frange du peuple congolais :
• rejette ces accords,
• les perçoit comme des accords de dépossession, d’aliénation et de capitulation,
• exige leur publication intégrale.
La souveraineté n’est pas négociable dans le secret.
6. Publier ou se dédire
Si le gouvernement dit vrai, qu’il :
• publie le texte intégral,
• publie toutes les annexes,
• précise les durées,
• expose les clauses de résiliation,
• ouvre un débat parlementaire et citoyen.
La vérité n’a pas peur de la lumière.
7. Le dialogue inclusif comme voie de salut national
Ce dossier, comme tant d’autres, confirme l’urgence d’un dialogue national inclusif.
Un dialogue pour :
• tuer l’État aliéné,
• incinérer la gouvernance perverse,
• faire naître un État travailleur,
• respectueux de la République,
• protecteur des biens publics,
• régi par la primauté de la loi,
• pourvoyeur du bien-être collectif.
Le dialogue n’est pas une faiblesse.
Il est une thérapie nationale.
Conclusion
Oui, le ministre Muyaya a manqué une occasion historique de se taire.
Non pas par lâcheté,
mais par respect de l’intelligence collective du peuple congolais.
En République, on ne crie pas la vérité. On la démontre.
Sur ce dossier précis :
• Monseigneur Muteba a vu juste,
• le peuple a raison de douter,
• le gouvernement doit rendre compte.
C’est cela, la République.
Fait à Kinshasa le 28 décembre 2025
Par Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National du Parti des Vertus Républicaines (PVR)
Membre du Bureau Politique du PVR
Membre du Bureau Politique du FCC










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