A l’issue de sa visite d’inspection effectuée les 1er et 2 septembre 2026 au Parc Marin des Mangroves, à Muanda, au Kongo-Central, la ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Economie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a dressé un tableau sombre concernant la dégradation et la spoliation de cet écosystème spécial et unique.
Les investigations menées auprès des populations locales, notamment celles du village Lemvo, révèlent une réalité complexe.
A la suite de leur délocalisation liée aux aménagements du port en eau profonde de Banana, ces communautés se sont vues attribuer un espace de subsistance.
Pour répondre à un déficit d’équipements publics, ces populations ont entrepris de déboiser certaines zones afin de bâtir des infrastructures socio-économiques de base.
La destruction progressive des mangroves fait peser une menace directe sur le capital naturel du pays. « Les mangroves, c’est un écosystème spécial, unique. Leur destruction va priver la République d’une richesse en biodiversité incommensurable », a déploré la Pr Marie Nyange Ndambo.
Toutefois, le constat de terrain dépasse le cadre strict du développement communautaire. De larges portions du parc auraient été accaparées par des acteurs privés sous couvert de concessions villageoises.
Afin de démêler les droits d’usage légitimes des actes d’usurpation foncière, la professeure Marie Nyange Ndambo a décidé d’engager une démarche méthodique. L’analyse des titres d’octroi permettra de définir avec exactitude la superficie initiale de l’espace de survie accordé aux populations, et le croisement des données géospatiales actuelles avec les cartes historiques du parc permettra d’identifier précisément les périmètres spoliés.
Il est également prévu le lancement d’un programme de reboisement et de restauration écologique sur l’ensemble des terres qui seront réintégrées dans le domaine public de l’État.

Aux entités privées et sociétés privées invoquant des droits d’achat antérieurs ou parallèles, l’autorité ministérielle a rappelé le caractère supérieur du statut de zone protégée.
La ministre a promis des mesures juridiques et administratives fermes à l’encontre des auteurs d’occupations illégales, une fois l’évaluation technique finalisée. « Quoi qu’il en soit, les gens qui ont occupé les mangroves après la création du Parc Marin des Mangroves sont dans l’illégalité. Et l’Etat va trancher », a martelé la ministre.
D’une superficie de 768 km², le Parc Marin des Mangroves est un sanctuaire unique du genre en RDC. Créé le 2 mai 1992 et reconnu site Ramsar en 1996, le parc joue un rôle vital dans la régulation climatique et le maintien de la biodiversité marine. L’écosystème sert notamment de zone de reproduction stratégique pour de nombreuses espèces halieutiques.
Il convient de noter que la ministre Marie Nyange Ndambo a conduit une délégation mixte Environnement-Tourisme à Muanda, au Kongo-Central, afin d’évaluer la situation du Parc Marin des Mangroves, en proie à une vague de spoliation.
DBM










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