Les lignes bougent côté gouvernement après la chute de Goma. C’est comme si il fallait attendre la prise du chef-lieu du Nord-Kivu par les rebelles du M23 pour que Kinshasa se réveille de son sommeil.
Et pourtant, la conquête du territoire national par le M23 appuyés par l’armée rwandaise n’a pas commencé avec la ville de Goma. Cela fait plus de deux ans que l’intégrité territoriale est menacée.
La cité de Bunagana toujours dans le Nord-Kivu et frontalière avec l’Ouganda est occupée par les rebelles du M23 depuis le lundi 13 juin 2022, avec l’appui militaire du Rwanda.
Cette occupation de Bunagana intervient 10 ans après une autre occupation de cette cité par la même rébellion. A l’époque c’est Joseph Kabila qui était à la tête du pays.
Selon les analystes, la mobilisation tous azimuts observée présentement dans le chez du Président de la République, du gouvernement et de l’ensemble des Congolais à travers le pays pouvait avoir un résultat positif si elle était appliquée dès le lendemain de l’occupation de Bunagana.
Mais rien n’est fut fait. Bunagana et ses habitants ont été jetés dans les oubliettes. On est tenté de dire que cette partie du pays ne faisait plus partie « officiellement » de la RDC.
Et soudain, plus de deux ans après, voilà que tout le monde se réveille. La diplomatie en marche, l’appel aux jeunes de s’enrôler à l’armée, organisation des marches par-ci par-là, messages de soutien aux FARDC et au chef de l’État… Un réveil tardif.
Dans l’entre-temps, le M23 s’est organisé. Il a pris des ailes et des racines. Le territoire riche en minerais sous sa gestion lui a permis de s’auto-financer et a obtenu une certaine aura de telle enseigne qu’il prétend désormais conquérir le reste du territoire jusqu’à Kinshasa.
A Kinshasa, les autorités ont oublié l’adage selon lequel on combat une maladie quand elle est encore dans sa première phase. C’était une erreur pour le régime Tshisekedi d’attendre que la situation s’envenime pour apporter une remède.
Difficile dans ce contexte d’obtenir un résultat escompté. Quitte à chercher d’autres palliatifs nécessaires à guérir la plaie déjà contaminée.
Rachidi MABANDU ✍️











