Constitution : NOGEC boycotte le référendum et mobilise pour Mutamba

Au siège national du NOGEC, le ton est monté d’un cran. La bataille autour du projet de référendum prend une nouvelle tournure en République démocratique du Congo.

La Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC), formation de l’opposition républicaine, refuse désormais de participer aux discussions sur la réforme constitutionnelle tant que son leader idéologique, Constant Mutamba, reste derrière les barreaux. Une décision qui accentue davantage la polarisation du débat politique à quelques jours de nouvelles mobilisations annoncées dans le pays.

Réuni en session extraordinaire de son Bureau politique élargi, le parti a dénoncé ce qu’il considère comme une détention à caractère politique visant à écarter l’une des figures les plus en vue de l’opposition.

« La NOGEC ne saurait prendre part aux débats relatifs au référendum alors que son guide idéologique, Constant Mutamba, demeure injustement privé de sa liberté », affirme la déclaration signée par son président national intérimaire, Kapenga Kabundi Van.

Cette prise de position intervient dans un contexte déjà tendu depuis l’adoption, le 26 mai dernier, du projet de loi organisant le référendum par l’Assemblée nationale. Lors de cette séance, plusieurs députés de l’opposition avaient quitté l’hémicycle pour protester contre ce qu’ils qualifiaient de passage en force de la majorité, estimant que le texte avait été adopté sans consensus politique préalable.

Pour la NOGEC, la priorité est désormais claire : obtenir la libération de Constant Mutamba. Le parti a d’ailleurs salué l’attitude de ses élus nationaux qui avaient boycotté les débats parlementaires.

Dans sa déclaration, la formation politique a également tenu à préciser son positionnement sur l’échiquier national. Elle assure n’être affiliée à aucune plateforme politique ni à aucun acteur partisan, tout en rejetant toute proximité avec l’AFC/M23, mouvement rebelle qu’elle accuse de porter atteinte aux populations congolaises.

La NOGEC réaffirme son attachement à une lutte « pacifique, républicaine et non armée » et met en garde contre toute tentative de récupération politique de son combat.
Le parti critique par ailleurs les récentes libérations de combattants de l’AFC/M23 intervenues dans le cadre du processus de Doha. Selon lui, ces décisions renforcent la thèse d’un procès instrumentalisé contre Constant Mutamba, dont l’action judiciaire avait contribué à l’arrestation et à la condamnation de plusieurs membres de cette rébellion.

Dans ce climat de crispation politique, la NOGEC appelle à une mobilisation nationale le 6 juin prochain à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays afin d’exiger la libération de son leader, présenté par ses partisans comme une figure du panafricanisme congolais.

Cette initiative s’ajoute aux actions déjà engagées par d’autres forces de l’opposition. Réunis au sein de la plateforme C64, plusieurs partis ont en effet décrété une journée « ville morte » le 3 juin pour dénoncer le projet de révision constitutionnelle et faire pression sur les autorités.

Lionel Kibuluku/C-News

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