Quand la liberté s’endort, le pouvoir confisque et le peuple paie [Tribune]

« La liberté qui s’endort se réveille en servitude. Cette phrase n’est plus une simple citation philosophique. Elle est devenue le résumé brutal de notre présent.

Qu’on cesse de nous mentir : la dérive autoritaire que nous vivons n’est ni accidentelle ni imaginaire. Elle est le résultat d’un choix politique. Le choix de concentrer le pouvoir, d’écraser les contre-pouvoirs, de réduire la démocratie à un décor et le peuple à un figurant.

On ne tombe pas dans l’autoritarisme par surprise.

On y est conduit.

Méthodiquement.

Par des lois taillées sur mesure.

Par une justice instrumentalisée.

Par un Parlement neutralisé.

Par des médias domestiqués.

Par la peur instillée comme méthode de gouvernement.

Aujourd’hui, le pouvoir en place doit être nommé pour ce qu’il fait :

il confisque l’État, personnalise la République, protège des clans, entretient le népotisme, banalise l’injustice et criminalise la dissidence.

Les menaces contre les opposants, les intimidations contre les journalistes, les pressions sur les artistes, les avocats et les acteurs de la société civile ne sont pas des excès. Elles sont la norme d’un pouvoir qui redoute le peuple.

Et pendant ce temps, une partie de l’espace médiatique s’emploie à justifier l’injustifiable, à réhabiliter la division, à maquiller l’échec en gouvernance, pendant que la majorité des Congolais s’enfonce dans une pauvreté organisée, humiliante et durable.

Peuple congolais, il faut se dire la vérité :

personne ne viendra sauver notre démocratie à notre place.

Cette musique qui monte, ce n’est pas un chant patriotique.

C’est le bruit d’un pays que l’on pousse vers le mur.

Mais l’histoire n’est pas encore écrite.

Et c’est ici que le peuple entre en scène.

Peuple congolais, réveille-toi.

Réveille-toi de la résignation.

Réveille-toi de la peur.

Réveille-toi de l’illusion que d’autres décideront pour toi.

Refuse :

• la confiscation du pouvoir par une minorité,

• la transformation de l’État en bien privé,

• la justice aux ordres,

• la misère comme politique publique,

• la vente de la souveraineté nationale.

Tant que nos droits existent encore, exerçons-les.

Informer.

Dénoncer.

S’organiser.

Se rassembler pacifiquement.

Exiger des comptes.

Résister n’est pas une option radicale.

Résister est un devoir citoyen.

Comme le rappelle Cyril Dion, la démocratie ne meurt que si on la laisse mourir. Et aujourd’hui, la démocratie congolaise est en danger réel. Non pas à cause du peuple, mais à cause d’un pouvoir qui a rompu le pacte républicain.

Cependant, notre combat n’est ni celui du chaos ni celui de la violence. La sortie de crise doit être politique, nationale et responsable. C’est pourquoi nous exigeons l’ouverture immédiate d’un dialogue national véritablement inclusif, placé sous les auspices de la CENCO et de l’ECC.

Pas un faux dialogue.

Pas une mise en scène.

Pas un arrangement entre élites.

Un dialogue sincère, contraignant, inclusif, réunissant :

• la majorité au pouvoir,

• l’opposition politique,                          –     –     l’opposition armée , 

• la société civile,

• les forces sociales, citoyennes et spirituelles du pays,

afin de restaurer la confiance, de garantir les libertés, de sauver la démocratie et d’éviter au Congo une rupture historique aux conséquences imprévisibles.

Ce texte est un avertissement.

Et un appel.

Un avertissement au pouvoir : aucun régime ne tient durablement contre son peuple.

Un appel au peuple : ne délègue pas ton destin à ceux qui te méprisent.

Demain, l’histoire nous jugera tous.

Les dirigeants pour leurs actes.

Le peuple pour son silence ou son courage.

Mon pays ne mérite pas l’humiliation permanente.

Il mérite la démocratie, pas la pensée unique.

Il mérite l’État de droit, pas la royauté politique.

Il mérite la justice, pas l’arbitraire.

Je suis de ceux qui refusent de se taire.

Je suis de ceux qui croient encore au sursaut du peuple congolais.

Je suis de ceux qui pensent que la République peut être refondée sur la morale, l’éthique et l’intérêt général.

La démocratie ne se quémande pas.

Elle s’arrache par la conscience, le courage et l’unité.

Maintenant.

Moussa Kalema Sangolo-Zaku

Président national

Membre du Bureau politique du PVR

Membre du Bureau politique du FCC

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