D’après un nouveau rapport du mouvement »Save Soil » publié le mercredi 5 novembre 2025, la santé des sols est une solution à prendre en compte, bien que souvent ignorée, pour atténuer le changement climatique qui constitue l’un des défis environnementaux du siècle à l’échelle mondiale.
Cette étude du Mouvement » Save Soil » publié en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le Fonds mondial pour la nature (UICN), et la FAO relève un aspect souvent négligé de cette lutte qu’est la santé des sols.
Intitulé « Solution plutôt que Victime : Intégrer la Santé des Sols dans les Contributions Déterminées au Niveau National (CDN) pour l’Atténuation du Changement Climatique », ce rapport souligne que des sols plus sains pourraient contribuer à hauteur de 27 % des réductions d’émissions nécessaires pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C.
Il révèle que les sols de la planète renferment 45 % de carbone de plus que les estimations précédentes, les plaçant ainsi comme des puits de carbone naturels majeurs.
Malgré ces découvertes prometteuses, l’étude révèle un manque d’intégration de la santé des sols dans les plans d’action climatique des pays. En effet, plus de 70 % des nations n’ont pas pris en compte cette ressource cruciale dans leurs Contributions Déterminées au Niveau National (CDN) soumises dans le cadre de l’Accord de Paris. Ce constat est d’autant plus préoccupant à la COP30 qui se tient à Belém, au Brésil.
Les pratiques agricoles régénératrices, telles que le non-labour, la couverture végétale et l’agroforesterie, se présentent comme des solutions viables pour revitaliser la santé des sols.
Le rapport indique en outre que la mise en œuvre de ces stratégies pourrait réduire les émissions liées aux engrais de 80 % d’ici 2050. Un exemple frappant est celui de l’Europe, où seulement 1 % du carbone contenu dans ses sols suffirait à compenser les émissions annuelles de 1 milliard de voitures.
Praveena Sridhar, conseillère scientifique et politique pour le mouvement Save Soil, a insisté sur l’urgence de cette situation. « Le monde a une banque de carbone 45 % plus grande que prévu juste sous nos pieds », a-t-elle déclaré. Elle appelle les décideurs à donner la priorité aux questions de sols dans les mises à jour des CDN, en intégrant des annexes concernant le carbone du sol et en assurant un financement mixte pour les pratiques agricoles régénératrices.
En conclusion, le rapport note que la santé des sols représente non seulement une opportunité de séquestration du carbone mais également un levier crucial pour atténuer les effets du changement climatique. Il est impératif que cette dimension soit sérieusement considérée à la COP30 par les gouvernements du monde entier afin d’assurer la durabilité de la planète pour les générations futures.
Dina BUHAKE











