« Facilitateur étranger », « Congolais inféodés »… : Tshisekedi dit le contraire de ce qu’il fait

Félix Tshisekedi a pris la parole, le samedi 30 août, lors du congrès de l’Union Sacrée. Un discours applaudi par ses partisans et diffusé en direct par la chaîne de l’État, à l’aide des ressources de l’État.

Mais que retenir de cette sortie médiatique si ce n’est les contradictions du chef de l’État ? Félix Tshisekedi s’est contredit sur les grandes lignes de son message à sa famille politique.

Prenez, par exemple, quand le chef de l’État déclare : « les Congolais n’ont pas besoin de facilitateur », que faut-il en déduire ? Cela suscite des interrogations sur les rôles joués par Joao Lourenço dans le processus de Luanda, Donald Trump dans l’accord de Washington, et l’Émir du Qatar dans les négociations de Doha.

Lourenço, Trump et l’Émir du Qatar sont-ils Congolais ? Leurs pays font-ils partie de la RDC ? Des questions qui hantent les esprits éclairés.

Dans son discours, Félix Tshisekedi a pointé du doigt, sans les nommer, les Congolais « qui retardent le développement de notre pays et favorisent le pillage de nos ressources naturelles ».

Il semble faire référence à ceux qui manœuvrent dans la rébellion en cours dans l’Est du pays. Félix Tshisekedi n’a pas tout à fait tort sur ce point.

Cependant, il oublie que cette catégorie de Congolais fait partie de son entourage immédiat et gouverne le pays avec lui à sa tête. Quid de la corruption, du détournement, du tribalisme, du favoritisme, du népotisme, de l’enrichissement illicite, de l’injustice, de l’impunité… qui caractérisent son mandat ?

« J’ai dit, dialogue oui, mais pas avec les Congolais inféodés aux dictats. » Une phrase qui ne correspond pas du tout à la réalité vécue par les Congolais. Que voulait réellement dire Félix Tshisekedi ?

Peut-il expliquer aux Congolais avec qui son gouvernement est en négociations directes à Doha ? Ne s’agit-il pas des rebelles de l’AFC/M23 qu’il accuse sans cesse d’être inféodés ?

En résumé, le Président de la République fait exactement ce qu’il dit ne pas vouloir faire. Non seulement il négocie avec des Congolais inféodés, mais ces négociations ont lieu dans un pays étranger et sous la médiation ou facilitation d’un étranger.

Face à l’Union Sacrée, il semble que le discours de Félix Tshisekedi soit plus populiste que réaliste.

Rachidi MABANDU

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