L’ancien Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo, condamné par la Cour constitutionnelle, sort de l’ombre et conteste sa condamnation.
En exil et réapparu sur la scène médiatique internationale, l’ancien Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo, rejette catégoriquement la condamnation prononcée contre lui par la Cour constitutionnelle. Dans une intervention remarquée sur TV5 Monde, il affirme n’avoir jamais été jugé conformément à la loi et dénonce un procès qu’il qualifie de profondément politique.
Selon Matata Ponyo, sa condamnation serait la conséquence directe de son refus de collaborer avec le gouvernement du président Félix Antoine Tshisekedi.
« J’ai été condamné uniquement pour avoir dit non », soutient-il, estimant que la procédure judiciaire engagée contre lui ne repose ni sur l’impartialité ni sur le strict respect des principes du droit. Plus loin, l’ancien chef du gouvernement va jusqu’à parler d’un procès à caractère « tribalo-ethnique », affirmant avoir été jugé par des personnes appartenant à la tribu du président de la République. « Ils étaient tous du Kasaï », déclare-t-il, une accusation lourde qui relance le débat sur l’indépendance de la justice et les tensions identitaires au sommet de l’État congolais.
Malgré la gravité de la sentence, Augustin Matata Ponyo se dit convaincu que la vraie justice sera rendue un jour, nourrissant l’espoir d’une réhabilitation future.
Pour rappel, l’ancien Premier ministre a été reconnu coupable de détournement de près de 250 millions de dollars américains, des fonds destinés au parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo.
En mai 2025, la Cour constitutionnelle l’a condamné à dix ans de prison, assortis de cinq ans d’inéligibilité, de la privation du droit de vote, de l’exclusion de toute libération conditionnelle, ainsi que de la confiscation de ses biens, au prorata des sommes détournées.
Ayant réussi à quitter le territoire national avant l’exécution de la peine, Augustin Matata Ponyo vit désormais en exil, où il mène une bataille médiatique et politique pour contester ce qu’il considère comme une condamnation injuste.
Son retour dans le débat public, par médias interposés, ravive les clivages politiques et pose à nouveau la question sensible de la justice, de son indépendance et de son instrumentalisation dans la vie politique congolaise.
César Ipoka










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