Afrique centrale : À Nairobi, le FREMAC déplore la situation précaire des médias de la sous-région

Lors du Congrès des médias africains (AEC 2026) qui s’est tenu les 22 et 23 février 2026 à Nairobi, au Kenya, le président du Forum des Responsables des Médias de l’Afrique centrale (FREMAC), Michael Didama, a exprimé ses inquiétudes concernant la situation précaire des médias en Afrique centrale. 

Il a également souligné l’impact des guerres et des conflits dans la sous-région, qui compliquent considérablement le travail des journalistes, notamment en République démocratique du Congo (RDC).

« La situation des médias en Afrique centrale n’est pas reluisante. De la République démocratique du Congo en passant par le Burundi, la République centrafricaine et le Tchad, les médias ont de sérieux problèmes de survie.

La précarité économique des médias, consécutive à l’environnement socio-politique délétère, l’arrivée des réseaux sociaux qui ont déstabilisé les médias traditionnels qui n’ont pas réussi à faire une mutation et une adaptation nécessaires à la nouvelle donne sont autant de problèmes que vivent ces médias », a-t-il indiqué.

D’une façon générale, Michael Didama révèle que la presse sous-régionale est caractérisée par « une montée des médias en ligne, quelques fois de simples pages Facebook qui sont très loin des règles du métier, une absence de subventions ou des subventions aléatoires, une absence de publicité (consécutive à la crise dans des entreprises). »

Il a également évoqué la disparition des médias traditionnels. Pour ceux qui résistent : faible tirage, peu de contenu (disparition des grands genres journalistiques tels que les interviews, les reportages, les analyses…). Les médias en Afrique centrale font également face à ce qu’on qualifie de « moutons noirs ». Tout le monde se dit journaliste.

Chapeau bas au gouvernement rd-congolais et à l’UNPC

Le président du FREMAC, qui a une grande connaissance de la situation de la presse congolaise pour avoir effectué plusieurs voyages de presse dans ce pays, a salué l’initiative prise par le gouvernement et l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC).

« Je suis ravi d’apprendre que l’Union de la presse du Congo et le gouvernement congolais sont en train de réorganiser et de redresser la barre avec le lancement de la nouvelle carte de presse. À travers cette initiative, je crois que le secteur sera assaini et jouera réellement son rôle de 4e pouvoir », a déclaré Michael Didama.

Redynamiser le FREMAC

Concernant la situation de l’organisation, Michael Didama a noté que depuis quelques années, le FREMAC a connu une léthargie certaine due à de nombreux facteurs, dont le décès de certains responsables. 

C’est dans cette optique que de nouvelles démarches sont en cours auprès des autorités équato-guinéennes pour que la troisième assemblée générale du FREMAC se tienne en Guinée équatoriale. 

L’objectif de cette assemblée générale est de redynamiser l’organisation, de renouveler entièrement le bureau exécutif et, partant, renouveler l’ensemble des bureaux dans les dix pays de l’Afrique centrale.

« L’urgence est donc de mettre sur pied un nouvel exécutif avant d’insuffler un nouveau souffle à l’organisation », a-t-il martelé.

« La Carte d’identité professionnelle ne constitue pas seulement un instrument d’identification, elle représente également un levier stratégique pour le renforcement de l’autorégulation », avait souligné le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, lors de la cérémonie de lancement de la nouvelle carte de presse le 18 février 2026.

Dina BUHAKE, depuis Nairobi au Kenya

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