Accusée de collusion avec Nangaa, une courtière immobilière contrainte à l’exil

Accusée d’être de mèche avec Corneille Nangaa, coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), une courtière immobilière a été prise pour cible par les services de sécurité congolais.

Il s’agit de Mme Nseya Ngalula Marie, qui affirme subir des persécutions depuis la création de ce mouvement politico-militaire.

Une femme d’affaires prise dans la tourmente sécuritaire

Selon des sources proches du dossier, Mme Nseya Ngalula Marie, pourtant sans engagement politique connu et exerçant comme courtière immobilière et femme d’affaires, aurait été soumise à des pressions répétées et à des actes de répression. 

Face à la gravité de la situation, elle a finalement pris la décision de quitter la République démocratique du Congo.

Elle se trouverait actuellement dans un lieu tenu secret, où son intégrité physique et morale serait pleinement préservée.

Une fuite en famille, des biens abandonnés

« Nseya Ngalula Marie n’est pas partie seule. Elle a emmené toute sa famille », confie l’une de ses collègues. Cette même source affirme que la courtière a dû abandonner l’ensemble de ses biens à Kinshasa, laissant derrière elle sa vie professionnelle et personnelle pour échapper aux persécutions.

Une vague de répressions dénoncée par les ONG

Depuis l’émergence de la rébellion dans l’Est de la RDC, plusieurs membres de la famille de Corneille Nangaa, ainsi que des personnes soupçonnées d’avoir collaboré avec lui, directement ou indirectement, seraient victimes d’arrestations arbitraires et de persécutions menées par les services de sécurité.

Des organisations de défense des droits de l’homme et des acteurs de la société civile dénoncent une véritable chasse à l’homme à travers le pays.

Arrestations, tortures et disparitions signalées

À Kinshasa comme à l’intérieur du pays, certains proches, membres ou anciens collaborateurs présumés de Corneille Nangaa auraient été battus, torturés ou enlevés, puis conduits vers des destinations inconnues. 

D’autres auraient été séparés de leurs enfants, dans des conditions jugées inhumaines par les défenseurs des droits humains.

Même d’anciens collègues politiques ne seraient pas épargnés. Nombre d’entre eux vivraient désormais dans la clandestinité, par crainte de représailles.

« La responsabilité pénale est individuelle »

Cette situation suscite une vive indignation au sein des organisations de défense des droits de l’homme. « Être membre de la famille Nangaa ne signifie pas être associé à l’AFC/M23 », rappelle un acteur de la société civile.

Un juriste ayant requis l’anonymat est encore plus catégorique : « Les services de sécurité enfreignent la loi. La responsabilité pénale est strictement individuelle. Aucun membre de la famille, proche collaborateur ou ami ne peut être poursuivi pour les infractions présumées commises par Corneille Nangaa. »

Ruth BOLANGA

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