L’ambassadeur de la République Démocratique du Congo (RDC) au Royaume-Uni, Ndolamb Ngokwey, a effectué, le 12 mai 2026, une mission officielle à Liverpool, à l’invitation de l’Association congolaise de Merseyside (ACM).
Le diplomate rd-congolais a pris part aux activités marquant le 20ème anniversaire de cette organisation, devenue une référence en matière d’accompagnement des migrants et de promotion du vivre-ensemble.
Outre la délégation de l’ambassade de la RDC à Londres qui avait fait le déplacement à Liverpool, l’événement a réuni des membres de la diaspora congolaise, des acteurs culturels et des partenaires institutionnels dans le cadre historique de Port Sunlight, dans le Wirral.

La rencontre était organisée en partenariat avec le Musée national de Liverpool et le Département des Beaux-Arts. Ce rendez-vous s’est tenu autour d’un programme articulé entre mémoire, valorisation culturelle et échanges interculturels.
Dans son allocution, l’ambassadeur Ndolamb Ngokwey a salué le travail remarquable de l’ACM, le qualifiant de « pont indispensable entre les cultures » et de modèle d’intégration réussie.
Il a souligné le rôle stratégique de la diaspora congolaise dans le rayonnement international de la République Démocratique du Congo, tout en réaffirmant l’engagement de la mission diplomatique à soutenir les initiatives favorisant la cohésion sociale et la valorisation culturelle.
Découverte du site emblématique
Une immersion dans le village patrimonial de Port Sunlight a permis à la délégation congolaise de découvrir ce site emblématique du patrimoine britannique. Cette séquence était émaillée d’échanges sur la préservation des héritages historiques et leur rôle dans la construction des identités collectives. L’un des moments majeurs de la journée a été consacré à l’exposition d’objets d’art congolais conservés dans les collections des Musées nationaux de Liverpool.
Cette activité a offert l’occasion d’un dialogue approfondi entre le diplomate congolais, les conservateurs et les participants sur les enjeux liés à la conservation, à l’interprétation et à la valorisation du patrimoine africain à l’étranger.
Ndolamb Ngokwey a plaidé pour une approche plus inclusive, intégrant les communautés d’origine dans la narration et la contextualisation de ces œuvres, afin de garantir une lecture fidèle de leur signification culturelle.
La célébration a également permis de découvrir le parcours de l’Association congolaise de Merseyside. Fondée en 2004 à Kensington, à Liverpool, l’ACM avait pour mission initiale d’apporter un soutien aux réfugiés et demandeurs d’asile congolais, notamment en facilitant leur intégration linguistique et leur accès aux services sociaux.
Deux décennies plus tard, l’association a considérablement élargi son champ d’action, devenant un acteur majeur de l’inclusion sociale au Royaume-Uni. Elle accompagne aujourd’hui des ressortissants de diverses nationalités, notamment du Brésil, du Vietnam, de la Chine, de la France, de la Belgique, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Chili.
Abel: premier africain noir documenté
Lors de la visite, l’ambassadeur a évoqué la figure d’Abel, considéré comme le premier Africain noir documenté de la ville, à la Cathédrale St Nicholas. Bien que peu d’informations soient disponibles sur lui, son prénom symbolise une partie essentielle de l’histoire de Liverpool, marquée par le commerce transatlantique et l’esclavage.
« A la Cathédrale St Nicholas repose un homme nommé Abel. Un simple prénom dans les archives. Pas de nom de famille. Pas d’histoire complète. Pas de voix pour raconter sa vie. Et pourtant…Abel est considéré comme le premier Africain noir documenté de Liverpool, enterré ici en 1717 », souligne le diplomate congolais.
L’ambassadeur fait savoir que les Africains font partie intégrante de l’histoire européenne, souvent dans la douleur et l’oubli, mais toujours avec dignité. Il appelle la diaspora africaine à honorer la mémoire d’Abel et à être des ambassadeurs par leur comportement et leur réussite. Il a insiste sur l’importance de transmettre l’histoire des enfants africains, afin qu’ils ne soient plus jamais oubliés. Il appelle Liverpool et la communauté africaine ne jamais oublier Abel.
À travers cette rencontre, la représentation diplomatique congolaise a renforcé ses liens avec la diaspora de Merseyside et réaffirmé l’importance de la diplomatie culturelle comme levier de coopération internationale.
Cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large visant à promouvoir une meilleure reconnaissance du patrimoine congolais à l’échelle mondiale et à encourager des partenariats équilibrés dans le domaine culturel.
Cette célébration à Liverpool illustre également la vitalité de la diaspora congolaise et confirme son rôle central dans la construction de passerelles durables entre les nations et les cultures.
Dina BUHAKE











