Lors de la séance plénière tenue ce jeudi 7 mai 2026 à l’Assemblée nationale, le président de la Chambre basse du Parlement, Aimé Boji Sangara, a consacré sa communication à deux sujets majeurs de l’actualité nationale et internationale : la situation préoccupante des Congolais vivant en Afrique du Sud et la conférence de presse animée mercredi par le chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Prenant la parole devant les députés nationaux, Aimé Boji a exprimé sa vive préoccupation face aux actes de xénophobie, de discrimination et parfois de violence dont seraient victimes plusieurs ressortissants congolais établis en Afrique du Sud.
Il a dénoncé des comportements qu’il juge contraires aux valeurs africaines de solidarité, de fraternité et d’intégration continentale.
« Ce comportement porte atteinte à la dignité humaine ainsi qu’aux principes de libre circulation et d’intégration consacrés sur le continent africain », a déclaré le président de l’Assemblée nationale.
Face à cette situation, Aimé Boji Sangara a annoncé que le bureau de l’Assemblée nationale a pris l’initiative d’inviter le Gouvernement, à travers la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, afin d’éclairer la représentation nationale sur l’évolution de ce dossier.
Dans le cadre de la diplomatie parlementaire, il a également proposé l’envoi prochain d’une délégation parlementaire congolaise en Afrique du Sud pour des consultations avec les parlementaires sud-africains.
Cette démarche vise notamment à renforcer la protection des Congolais vivant dans ce pays et à consolider les relations de coopération entre Kinshasa et Pretoria.
Par cette communication, Aimé Boji Sangara a voulu placer la représentation nationale au cœur des préoccupations citoyennes, aussi bien sur la protection des Congolais à l’étranger que sur le suivi des grandes orientations de la gouvernance nationale.
Rappelons qu’en avril et mai 2026, l’ambassade de la République Démocratique du Congo (RDC) en Afrique du Sud a exprimé sa vive préoccupation face à la recrudescence d’actes de xénophobie visant les ressortissants congolais.
L’ambassade de la RDC a lancé plusieurs appels à la prudence, notamment dans le KwaZulu-Natal, le Cap-Occidental et le Gauteng.
Des mouvements anti-étrangers, souvent associés à l’« Opération Dudula », ont ciblé des migrants africains, dont des Congolais.
La diaspora congolaise a exigé une riposte ferme de Kinshasa, qualifiant la situation de « mauvais traitements habituels ».
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a assuré que la situation est suivie de très près.
Des manifestations anti-étrangers ont coïncidé avec le Freedom Day le 27 avril 2026, avec des menaces de blocages d’hôpitaux et des agressions.
Bien que des discours xénophobes soient fréquents, le porte-parole de la présidence sud-africaine a, au 7 mai 2026, rejeté les accusations de xénophobie systémique, qualifiant les incidents d’actions criminelles localisées, tout en promettant d’examiner les facteurs de tension.
Morgan IYENGA











