Une tempête politique est en train d’ébranler l’Assemblée provinciale du Kongo‑Central. Le président Pay Mantezolo et son vice-président sont, actuellement, la cible d’une pétition de destitution initiée par une majorité de députés. Les accusations dont ils sont l’objet jettent une ombre inquiétante sur la gouvernance de l’institution.
Une pétition massive et historique. Sur les 39 élus de l’Assemblée provinciale, 23 députés ont décidé de signer une pétition pour pousser le départ de leur président et de son adjoint. L’initiative, portée par le député Muntu Lezi, élu de Boma sous le label de l’UDPS/Tshisekedi sera formellement déposée ce mardi auprès du bureau de l’Assemblée. Le geste marque une défiance solennelle dans l’institution.
Des accusations lourdes, de l’entrave au détournement Les griefs sont aussi nombreux que graves.
Matezolo est reproché entre autres d’entraver les initiatives parlementaires, freinages systématiques à l’exercice aux droits législatifs des élus et aussi le détournement présumé de fonds publics dans l’acquisition des véhicules destinés aux députés.
Le président de l’organe délibérant est également reproché de violer des procédures de passation de marchés publics, tant pour les véhicules que pour le nouveau bâtiment de l’Assemblée. Il est aussi reproché du manque de traçabilité dans les dépenses publiques ou plus de 200 millions de FC, alloués à l’APK, pour la conférence des présidents d’assemblées provinciales, restent non justifiés.
Le malaise institutionnel
Au-delà des faits reprochés, c’est tout le climat interne de l’Assemblée qui est en crise. Le blocage des affaires parlementaires, la méfiance entre élus et direction de l’institution, et la suspicion autour des fonds publics font naître un profond malaise.
Des sources internes affirment que certains députés se sentent muselés, privés de leur droit à l’initiative, tandis que l’opacité gagnait du terrain au sommet. Cette pétition, au-delà d’une simple destitution, est pour beaucoup un appel à la transparence et à la reddition de comptes, nous confie un élu qui a requis l’anonymat.
Si la pétition est validée avec les signatures nécessaires, plusieurs issues pourraient se dessiner notamment la destitution effective et des élections internes pour renouveler le bureau.
César Ipoka











